Articles avec #culture & patrimoine tag

Publié le 9 Mai 2021

Je viens de rencontrer Thierry Lacombe, un très jeune dentiste retraité, passionné par la photographie, il vient de publier à compte d’auteur, un livre-album, grand format 24x30cm, 160 pages, avec une sélection d’environ 200 photos prises sur une durée de 3 années.

 

Dans une très sobre mise en page, grande photo - courte légende, il nous dévoile sous de très belles lumières la géologie, la flore, la faune de cette « Autre Cote d’Azur » qui ressemble à l’Ouest américain.

Ce livre est remarquablement imprimé en France, chez Escoubiac, l’imprimeur de référence pour de nombreux pros de l’image.

Je vous propose une sélection de quelques pages, je me suis permis de recadrer la page sur le visuel et la légende, pour une meilleure lisibilité sur notre blog.

 

Si comme moi, vous aimez ce livre, vous pouvez le commander directement à Thierry Lacombe ,via ce lien, il habite à St Raphael-Valescure, et dédicacera son livre le samedi 5 juin de 10-12h, librairie Charlemagne à Fréjus-centre, autre date à venir librairie Parisienne de St Raph.

Philippe Pons

Photos © Thierry LACOMBE - 2020 - reproductions interdites 

Voir les commentaires

Publié le 28 Mars 2021

   Etant confiné en région parisienne, j'ai demandé à mon ami Alain Escaudemaison ancien chef opérateur habitant Cogolin, d'aller ce matin promener son regard dans le jardin botanique de Sainte Maxime. Dans ce magnifique parc, Cedric Pollet, photographe- botaniste propose une  superbe exposition photographique sur les écorces.

Philippe Pons ( grand merci à Yves Plancq qui m'a fait découvrir Cédric)

 

" Après un an de quasi disette, subissant de manière presque totalitaire des réglementations complètement folles de fermetures des lieux culturels alors que les métros et grandes surfaces sont bondés, j’ai ce curieux sentiment d’être un privilégié, presque hors-la-loi, qui peut enfin exprimer son regard et transmettre sa passion pour les arbres !

Le monde est devenu fou et il serait temps de vite retourner à l’essentiel : se mobiliser pour se reconnecter à la Nature, au vivant, aux autres… avec ce lien social qui nous unit et dont on a tous besoin.

  Le Var n’est pas encore confiné et les parcs sont encore ouverts au public… il faut savoir apprécier à sa juste valeur cette générosité et ce petit bonus de liberté, mais pour combien de temps encore ?? Donc vous qui êtes curieux, qui aimez la culture, les expositions, l’évasion, la nature, les arbres, les voyages… Vous qui aimez tout simplement la vie et souhaitez retrouver ce parfum d’antan le temps d’une escapade vivifiante, alors cette exposition est faite pour vous, ne tardez pas pour venir la visiter ! Elle ne durera qu'un petit mois.

Plus d’une centaine de photos d’arbres pour un dépaysement garanti !

  Quoi de plus bel écrin qu’un jardin botanique au bord de mer, face au golfe de Saint-Tropez, pour venir s’évader sur les 5 continents, se reconnecter à la Nature et profiter de la générosité des arbres pour s’émerveiller devant la richesse et la beauté de leurs magnifiques écorces !

  Voilà un voyage hors du temps, nourricier et enrichissant que la ville de Sainte Maxime vous propose pour lancer sa programmation culturelle 2021. 

  Cette exposition grands formats présentera en plein air une 30aine de panneaux photos 120x180cm, accompagnés de leurs textes explicatifs. En levant les yeux vers la canopée des arbres, vous pourrez également admirer une 20aine de photos 90x180cm parfaitement intégrées au jardin.

  Pour les plus curieux ou les plus voyageurs, l’exposition se poursuit en intérieur, à la médiathèque municipale Jehanne Arnaud de Sainte Maxime."

Cédric Pollet

 

INFOS PRATIQUES :

EXPOSITIONS du 26 mars au 25 avril 2021

2 lieux d’expo à Sainte Maxime (83) :

Jardin Botanique des Myrtes, Bd. jean Moulin (en front de mer)

Ouvert tous les jours de 8h à 17h

Médiathèque Jehanne Arnaud, Carré Léon Gaumont, 107 route du Plan de la Tour

Ouverte le mardi et vendredi de 12h à 17h30, le mercredi et samedi de 9h à 17h30


Entrées libres et parking sur place pour les 2 lieux


 

Si vous n'avez pas la possibilité de vous rendre à Ste Maxime,

voici 2 livres grands formats pour retrouver les arbres de Cédric Pollet

 

a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet

 

a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet
a découvrir à Sainte Maxime : ECORCES, une galerie d'art proposée par Cédric Pollet

Voir les commentaires

Publié le 22 Mars 2021

En ce printemps 2021, je vais vous raconter en images, la petite histoire des 3 grands Hôtels d’Agay.
Le premier article raconte celle du Grand Hôtel construit vers 1881, suivra l’hôtel des Roches Rouges datant de 1906, et pour finir le Grand Hôtel de la Baumette construit en 1928.
Je suis preneur de témoignages ou de photos de descendants de personnes ayant travaillés ou séjournés dans ces établissements. Par avance, merci.
Philippe Pons.

 

France ALBUM n°48 - Guide album des chemins de fer du Sud - LE PAYS DU SOLEIL -

Illustration de A.Karl d’après une photo de H. Ferrari/ St Raphael

 

Construit vers 1881, c’est le premier hôtel d’Agay référencé dans les guides.

 

 

Il est situé à l’entrée de la rade, avant le pont routier, au bord de la route qui sera construite par le Touring Club et deviendra la Corniche d’Or.

L’entrée de l’Hôtel, sur la droite l'épicerie Mellano, une des plus anciennes familles d'Agay.

Vers 1905, la route est faite, on aperçoit quelques cabines de bains, et sans doute une cabane pour permettre aux pêcheurs de stocker les filets.

Dans les recensements de St Raphael on trouve en 1896 et en 1901, Joseph DREVET hôtelier.

 

Extrait du Guide JOANNE sur la Côte d’Azur de 1907

 

Le Guide POL (ancêtre des Guides Bleus) de 1913, indique que l’hôtel est ouvert toute l’année, avec un tarif de la pension supérieur l’hiver, ce qui est courant au début du siècle car toutes les villes de la Cote d’Azur sont connues comme stations hivernales.

L’appareil photo indique que cet hôtel possède une « chambre noire », petite pièce sans lumière qui permet aux photographes amateurs de charger et de décharger les châssis en bois qui contiennent les plaques de verre qui sont les « pellicules « de cette époque.

La spécialité de bouillabaisse se retrouve à l’hôtel SUBE au Trayas.

 

 

En 1906, l’hôtel est racheté par Joseph Mathieu

Sur cette photo prise depuis la gare vers 1900, un chemin mène directement à l’hôtel, on aperçoit sur la gauche les bâtiments des douanes, vous remarquerez que le Rastel est totalement vierge de construction, l’hôtel des Roches Rouges sera construit en 1906.

 

 Le rocher de la Rate Penate

1912 - Extrait du journal L’Echo de l’Esterel

A droite, en premier plan, l’ancienne chapelle Notre Dame du Sacré Cœur, construite en 1878, elle sera détruite lors du bombardement du 11/11/1943, et reconstruite au même endroit à partir de 1949.

Antoine de Saint Exupéry épousa Consuelo Suncin dans cette chapelle le 12 avril 1932, mariage célébré par l’abbé Sudour.

 

A côté du Grand Hôtel, la réserve d’Agay. (tea-room, restaurant)

 

Vers 1930, l’hôtel est racheté par M. Barqui, qui renomme sa propriété La Barquisière.

extrait du Bottin 1948

L’immeuble est endommagé par les bombardements des alliés datant de 1943 et 1944,

la toiture très abimée est restaurée par l’entreprise de Louis Polvérini en 1945.

En 1946, la société Immobilière du Littoral, propriétaire de l'immeuble est dissoute, le bâtiment est divisé et vendu en 6 appartements.

Années 60.

Le pont routier construit en 1948 et l'ex Grand Hôtel, le village de Cap Esterel n’est pas encore construit, on aperçoit des monticules de pierres suite à l'extraction du porphyre.

 

 

Photo Google Earth - Le Vieil Agay et Cap Esterel

2020 - "Le Manoir", depuis la route nationale

Vue depuis la descente vers le port 

 

 

Un grand merci, à Jean-Marie Pietrzac, mon voisin dans le Val d'Oise, propriétaire au Manoir via son épouse depuis 1947, qui m'a communiqué cette série de photo qu'il a réalisé depuis son appartement.

©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac
©JM Pietrzac

©JM Pietrzac

Archives départementales VAR / St Raphael / Recensements 1896-1901-1906

 

collection Philippe Pons

 

 

Guide JOANNE - 1907

 

 

 

Guide POL -1910

 

 

 

 

guide POL - 1913

 

 

 

 

Guide Hachette - 1923

 

 

 

 

Guide Hachette 1930

 

 

 

 

Echo de l'ESTEREL - 1912

 

 

Guide Album des Chemins de fer du SUD _ N° 48

 

 

 

Bottin Var - 1948

 

mes cartes postales des éditions :

Mailan - LL- Soly - Rostan & Munier - Bacchi - Bianderi - Ferrari - Lacour 

Voir les commentaires

Publié le 14 Février 2021

Saint Valentin : Lever de soleil sur le Dramont

En cette période hivernale les lumières sont très différentes de celles que nous connaissons en été.

Photographier c’est écrire avec la lumière.

Merci à Patrick Colombet qui depuis le Hameau de Cap Esterel nous fait partager le lever de soleil de ce matin sur le Dramont. (photos prises entre 7h30 et 7h40)

 

Il faut se rappeler que jusqu’en 1936 et les congés payés , les villes de la Côte d’Azur : Nice, Cannes, St Raphael, Valescure, Agay étaient des stations hivernales surtout fréquentées par de riches Anglais et leurs domestiques.

extrait du Guide JOANNE - 1909

Guide JOANNE - 1907 - collection Ph. Pons

   Le dernier recensement en ligne des archives du Var, indique qu’ en 1931 , à Agay il y a 73 maisons et 540 habitants, et 83 maisons et 720 habitants au Dramont.

 

L'Esterel , illustration du guide JAONNE 1907

Sur la route du mimosa

 

Photographies © Patrick Colombet - article et documents Philippe Pons

Voir les commentaires

Rédigé par Patrick Colombet et Philippe Pons

Publié dans #2021, #CULTURE & PATRIMOINE

Publié le 25 Janvier 2021

  Je vous propose de découvrir un livre passionnant publié en 2019, rédigé par Alain Dubreuil, dont la vedette est le viaduc d’Anthéor.

 

 

 

 

    L’histoire de ce viaduc courbe construit en 1862, de 173 m. de long, de 30 m. de haut est passionnante.

 

 

 

Vous découvrirez sans doute comme moi dans ce livre son intérêt stratégique dans la communication ferroviaire entre l’Italie et la France.

 

Bien abrité par l’Esterel, il résista à 11 bombardements différents s’échelonnant du 17/09/1943 au 15/08/1944, ou il fut endommagé, mais pas détruit.

 

 

Les bombardements d’avions Anglais et Américains causèrent de nombreux dégâts collatéraux sur Agay, notamment celui du 11/11/1943 qui détruisit le quartier de la Plage et l’église, fit de plusieurs victimes, je vous en parlerai dans de prochains articles.

Alain Dubreuil met en lumière le débarquement amphibie des 15-16 aout 1944 sur la plage d’Anthéor, du 141 régiment d’infanterie US, qui neutralisa de nombreuses positions allemandes dans l’Esterel et à l’est d’Agay, faisant 1200 prisonniers.

 

 

  Ce livre de 145 pages, très riche en documents, photos et  illustrations est en vente dans à la librairie Parisienne de St Raphael et dans les points presse d’Agay et Boulouris, mais également sur le site de l’association «Anthéor Hier et Aujourd’hui»

Monsieur Masquelier, maire de st Raphael a confié à Alain Dubreuil la direction du projet «Saint-Raphaël ville de mémoire»

philippe pons

Voir les commentaires

Publié le 27 Novembre 2020

Après l’histoire de l’Ile d’Or et des ses propriétaires, l’histoire des mineurs de porphyre du Dramont, la construction de Corniche d’Or,
Je vous propose de découvrir "Gaspard de Besse", le fameux Robin des Bois provençal ayant réellement existé au XVIIIe siècle, s'attaquant au produit de l'impôt pour le redistribuer aux miséreux et aux gueux, en cette période de disette qui va précéder la révolution.
Comme vous le lirez à partir de faits réels, sa légende va se construire et ce Gaspard devenu un héros va inspirer de très nombreux auteurs.
Philippe Pons

Gaspard Bouis dit « Gaspard de Besse » est né en 1757,
à Besse-sur-Issole, dans l’actuel département du Var.
Son père un paysan, décède un an après sa naissance.
Il est élevé par le curé, et à 17 ans rejoint Toulon.
Il devint le chef d’une troupe de brigands composée d’évadés du bagne de Toulon.

Bd BEHEN – Tome 1 – Gaspard de Besse – La Légende

Sa spécialité l’arrestation des diligences pour rançonner les voyageurs, mais sans violence, il n’a jamais tué.

L-Illustration 1882 - La route de Vallescure

 

Bd BEHEN – Tome 1 – Gaspard de Besse – La Légende

Sa troupe sévit et se cache dans les Maures, les bois de Cuges, de Saint Quinis, les gorges d’Ollioules et l’Esterel . carte Source Google

 

 

 

 

 

La grotte d'Ollioules est des repaires de Gaspard

 

 

Dans le Bulletin des Amis du Vieux Toulon de 1960, le commandant DAVIN, propose une étude sur la Grotte des MASCO ( masco signifie sorcières en provençal ) et la grotte du GAROU également dite de Gaspard de Besse

 La grotte du Garou est sous la flèche, près d'Ollioules - Photo Maitre LAYET – 1935

Mont Vinaigre, tour de gué incendie et antenne TV

Extrait La Côte d’Azur – Docteur DONNADIEU -ed Berger Levrault

Dans l’Esterel , il installe son quartier général à l’Auberge des Adrets. 

Saint Raphael journal du 14/07/1931

La légende dit qu’il a caché un trésor dans les bois de Cuges, à Agay, une autre légende affirme que le trésor est enterré dans l’Esterel au pied d’un chêne d’où l’on peut voir 7 communes, joli histoire que m’a raconté Louis Polvérini, et qui me plait bien.

Arrêté une première fois en 1779 dans l’Estérel, il s’évade de la prison de Draguignan.

Il est repris en 1780 après dénonciation dans l’auberge de la Valette sur Var.

Lettre de Jean Paul Hyacinthe de Pastel au Ministre de la marine 25/10/1780 – extrait livre Jacques Seillé

Il est jugé à Aix en Provence, un procès interminable dure près d’un an, il est condamné pour « vol sur le grand chemin », puis exécuté avec 2 de ses lieutenants à Aix le 25 octobre 1781.

 Il fut l’avant dernier supplicié à mourir par la roue.

Source Réunion des Musées Nationaux

Il avait 24 ans…

Sa devise :

« EFFRAYEZ MAIS NE TUEZ JAMAIS »

Dès 1781 année de sa mort, circule une complainte anonyme en provençal, qui le présente sous un jour sympathique, depuis son arrestation jusqu’à son exécution.

 

Gaspard de Besse est le bandit provençal qui continue a inspirer le plus d’œuvres :

poèmes, feuilletons, romans, drames, film, BD,

 

C’est le premier article que j’ai retrouvé, datant du 10 mars par Michel Masson publié dans la gazette Le Cabinet de Lecture / Le Voleur et le Cercle Réunis,
Dans ce récit de sa légende, Gaspard de Besse est trahi par sa sœur Marie Marthe, dans la réalité, sa demi-sœur se nommait Marie Anne, née en 1773 d’un second mariage, 16 ans après Gaspard.

 

Michel Masson évoque un fabuleux trésor caché : 30 millions d'argent et de bijoux , qui reste introuvé à ce jour malgré les recherches qui continuent. C'est début de la rumeur sur le trésor.

le journal hebdomadaire LE MONDE ILLUSTRE , lui consacre un article, de Léon GOZLAN sous le titre :  l’avant dernier roué 

 

C’est une version très différente Gaspard n’est plus un paysan, mais : « Il appartenait à une famille aisée de la bonne bourgeoisie »

Dès cette époque 1860, l’auteur signale que sa mémoire continue à être honorée dans de nombreux villages, et cela perdure encore en 2020.

 

 

Fréderic Mistral, né en 1830, est le plus grand poète occitan. Prix Nobel de littérature en 2004, pour le poème Mireille qu’il met 8 ans à écrire. Dans le chant IX de son poème CALENDAU, il évoque Gaspard de Besse

 

 

 

 

Le journal quotidien le Petit Marseillais publie un feuilleton quotidien de Pierre BOSC :

« Gaspard de Besse, ses exploits, ses aventures »

Premier article le 10/08/1869

et le dernier le 11/09/1869

Puis du 28/12/1869 au 13/05/1870

un second feuilleton «  Le Batard de Gaspard de Besse » , par A. Dominique

 

 

 

Drame en cinq actes de Théodore Henry :
Les Treize femmes de Gaspard de Besse

 

 

 

 

 une version en roman de 809 pages,  par Paul Bosc et Théodore Henry

 

Stephen d'ARVE , dans Miettes de l'Histoire de la Provence, consacre quelques pages à Gaspard de Besse et sa bande dans son chapitre XII, Patients et Bourreaux.

Jean Jaurès dans un discours devant la Chambre des Députés :

« Ne croyez pas que l’esprit de Mandrin, Cartouche ou Gaspard soit seulement un exercice littéraire, cela s »’appelle, Messieurs, la résistance spontanée à l’injustice sociale. »

Jean Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914.

 

 

Dans un chapitre : EN MARGE de L’HISTOIRE, Charles Roux consacre 19 pages aux histoires de Mandrin qui fut condamné au supplice de la roue à Valence en 1755 et à celle du brigand le plus séduisant dont notre Midi puisse être fier celle de l’inimitable Gaspard de Besse.

 

 

Il puise dans l’article de Léon Gozlan paru dans le Monde Illustré en 1860 :

Puis cite la lettre écrite par Mme de Malherbe à sa cousine Mme Aubenas le lendemain de l’exécution de Gaspard

 

 

Le bulletin de la Société Scientifique et Archéologique de Draguignan Adrien OURSOU publie :

 « La Jeunesse de Gaspard de Besse »

Adrien Oursou est journaliste, secrétaire à la Mairie de Besse. Il s’est livré a des minutieuses investigations sur le héros local ( source Paul Maurel 1961)

Adrien OURSOU , via un extrait de baptême datant de 1774, prouve que Gaspard de Besse ne savait : ni LIRE ni ECRIRE

 

Et cette même année 1912

Publie une comédie en 4 actes et en vers : Gaspard de Besse, il s’est  inspiré du roman de Pierre Bosc : les Treize femmes de Gaspard de Besse. Cette version de la vie de Gaspard est critiquée par Paul Maurel en 1960 dans une conférence sur la Vie Véridique de Gaspard:

 

En 1919 - Jean Aicard publie 2 romans.

Jean AICARD (1848-1921), est un varois, poète, romancier, auteur dramatique, chantre de la Provence.

En 1874, il devient Président de la Société des gens de Lettres et en 1909 il entre a l’Académie Française au fauteuil de François Coppée,

Son roman le plus célèbre « Maurin des Maures » date de 1908.

 

Une adaptation au cinéma de Jean Hugon du roman de Jean Aicard , avec Raimu,  Antonin Berval et Nicole Vattier

Jean Hugon fera également l’adaptation de Maurin des Maures (1932), et L’Illustre Maurin (1933)

Synopsis – source site Première

Le meurtre gratuit de son père et la misère du peuple, aggravée par une succession de mauvaises récoltes, conduisent Gaspard, grand admirateur de Mandrin et forgeron de son état, à se révolter. Avec son compagnon Samplan, il se retrouve à la tête d'une poignée de soldats mécontents de leur sort et d'une bande de brigands. Ils volent l'argent des riches pour le donner aux pauvres, tels des bandits de grand chemin, redresseurs de torts au grand coeur. A leurs yeux, les choses ne peuvent continuer ainsi, dans ce pays qui semble livré à la décadence de la noblesse et aux caprices d'un roi indolent. Gaspard et sa troupe se chargent de le faire savoir...

 

 

 

la version DVD

 

 

Gaston Beltrame publie 2 livres :

  On l’appelait … Gaspard de Besse en 1979, et Gaspard de Besse et autres Brigands en 1985 , éditions APAR Ollioules

Je n’ai pas pu retrouver ces livres.

Gaston Beltrame est instituteur qui enseigna à Ollioules, chanteur-poète, écrivain, critique littéraire. il sera en 1980 un premiers militants écologiste.

Il enregistre des disques en Occitan.

Gaston Beltrame, a traduit du Provençal La complainte de Gaspard

"Allons! Allons, les voyageurs!
Montez! Montez dans la voiture!"
Les enfants rêvaient d'aventure

Rien qu'à l'appel du conducteur.

On grimpait sur l'impériale
Pour ne rien perdre du décor.
Le cocher à voix de stentor
Imposait silence aux cigales.

Puis, on pénétrait dans les Gorges
Où Vulcain possédait ses forges,
Où Gaspard jouait au brigand.

Dans les nuages de poussière,
Les yeux brûlés par la lumière,
On s'inventait des poursuivants
.

Poème extrait du livre : Et ils comptèrent Ollioules

Dans ce livre Gaston Beltrame a réalisé une compilation des textes écrits sur Ollioules et ses environs au fil des siècles.

La Revue des Amis du Vieux Toulon, Paul Maurel publie :

La Vie Véridique de Gaspard de Besse

Paul Maurel, (1883-1975) est né à Gonfaron/ Var. Il est instituteur à Toulon, membre du parti socialiste SFIO il est maire de Solliés durant 14 ans, il vouait un culte à Jean Aicard.

Paul Maurel dans sa conférence passe en revue les différentes variantes des histoires de la vie de Gaspard, en s’appuyant sur de nombreux documents. C’est à mon avis l’étude la plus complète et la plus pertinente, ce bulletin étant quasi introuvable, si vous souhaitez une copie pdf de cet article , merci d’en faire la demande via le lien de contact de ce blog.  

Un article de JP Gherardi paru dans Nice Matin le 17/07/1983

 

 

Né à Cadolive, près de Marseille Jacques Bens a travaillé pour l’édition, le théâtre et la radio. Il a publié des romans et des poèmes, son Gaspard de Besse (386 pages) est un héros plein de flemme et de couleurs.

 

 

 

 mémoire d’Albert GIRAUD publié dans Provence Historique :

 

 

Roman de Nicole Ciravegna, éditions Jeanne Laffitte.

Après son roman « Les Trois jours du Cavalier » qui a reçu en 1980 le prix des maisons de la Presse, et dont le héros était le fils supposé de Gaspard de Besse, Nicole Ciravegna met en scène Gaspard de Besse après s’être documenté auprès de Gaston Beltrame l’historien d’Ollioules.

 

 

 

Dans ce livre qui raconte l’histoire du village de Besse, Jacques Seillé raconte en une dizaine de pages la vie de Gaspard de Besse.

 

 

 

 

 

 

Roman de Ginette Blanchard, éditions Lacour

 

 

 

 

 

 

Roman de Jean Siccardi, éditions du Rocher

 

 

 

 

 

 

Letras d’Oc, réédite en provençal de la complainte de Gaspard de Besso.

 

V’aqui Gas¬pard qu’existo plus,
Avié fach trem¬bla la Prou¬venço.
Senso secour senso defenso,
Mueré des¬sus un echa¬faou,
Que cha¬cun retourné à l’hous¬tau,
Per racounta à sei famillo
Sie¬ché gar¬çoun, & sie¬ché fillo
Tout ce que lou matin a vis,
Et qui l’y dounné per avis,
D’estré sagi din seis joui¬nesso,
Sou¬ven lou juech & lei mes¬tresso
Menoun leis home à l’echa¬faou,
Ou tout ou men à l’espi¬taou,
Per viouré en pas, vieouré tran¬quille,
Senso deveni inu¬tillé,
Fugés mar¬rido coum¬pa¬gnié,
Es ce que ma gran me disié
Quand vou¬liou fairé de tapagi,
Sie¬gués pru¬dens, & sie¬gués sagi,
Jamai ren vous arri¬bara,
Et lou Bouen Dieou vous benira.

 

 

 

A la demande de la municipalité de Besse -sur-Issole, BEHEM publie en 2001 :  Gaspard de Besse, cette BD rencontre un succès inespéré.

 

 

 

 

BEHEM, écrivain et illustrateur atypique, après « les Aventures de MEKALY » héros doté d’une force herculéenne, une grande saga sur Gaspard de Besse

 

 

 

19 tomes publiés à ce jour.

Au théatre de Collobrières , Gaspard succède à Maurin des Maures

Archive journal La Marseillaise

 

 

 

 

Depuis 2016, Gaspard a son santon, une création de Fabienne Pardi inspirée par BEHEM

A Besse sur Isole …tous les ans, depuis 1997

Et aux Adrets, un parcours pédestre et cyclotourisme

 

Comme vous venez sans doute de le découvrir dans cet inventaire certainement incomplet, Gaspard de Besse inspire toujours les romanciers, de nombreux villages exploitent et revendiquent ses exploits. 239 ans après son exécution il est toujours aussi difficile de choisir entre le mythe et la réalité. Sur Google son nom engendre 313 000 réponses... PhP

BNF / Gallica et Retro News: Le Petit Marseillais, Jean Aicard, Mistral

 

 

Site Passion Provence

 

Société d’Etudes Scientifiques et Archéologiques de Draguignan

 

Provence Historique : Le gouffre de Gaspard de Besse et Le Personnage du Brigand dans la littérature populaire en Provence

 

Le journal la Marseillaise de 1965, archives numériques

 

Blog Santons et crêches

 

 

Site Première 

 

 

Site de Besse-sur-Isole dans Provence Web

 

Site Le Bordel des Poètes

 

 

Fondation Plaine des Maures

 

 

Site Cuges

 

 

 

Blog Roquebrune

 

Livres / revues / cartes postales / collection Philippe Pons

   Suite à la parution de cet article, une amie Anne Marie Guillot ,descendante d’une famille de maitre carrier du Dramont , me signale qu’il existe une généalogie de Gaspard de Besse.

J’ai immédiatement contacté la propriétaire de cet arbre Mme Bouteuil, une descendante éloignée de Gaspard qui m’a autorisé à publier les informations publiées sur Geneanet.

 

Le 22 Novembre 2020, un article d'André Peyregne dans VAR Matin

 

Je prépare pour 2021, l'histoire en images des 3 grands hôtels d'Agay, et je suis bien sur preneur de tout élément témoignages, photos, plans, que vous seriez disposés à partager sur ce blog.
Merci d'utiliser le mail de contact du blog.
Ph Pons

Gaspard de Besse - Le Robin des bois Provençal

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe Pons

Publié dans #CULTURE & PATRIMOINE

Publié le 20 Septembre 2020

Le menhir d'Aire Peyronne dit Pierre Levée

Haut de 1,65m,en porphyre rouge,  le menhir d’aire Peyronne est classé monument historique depuis 1910 , il est répertorié dans la base Mérimée.

Comme le groupe des menhirs de Veyssières il a été érigé à l’époque CHALCOTHIQUE, il y a environ 4500 ans, période pré-ligure.

Il présente sur une de ces faces près de 200 cupules.

 

Dessin extrait du Bulletin de la Société de Préhistoire , Texte du Commandant Laflotte

 

 

Le Site de Robert Pons indique la présence d’un serpent, gravure que j’avoue ne pas avoir trouvée sur le haut du menhir.

 

On retrouve l'histoire de ce menhir dans le livre de Marcel CARLINI : St Raphael à travers les Ages

Sur cette photo datant de 1978, le menhir est plus incliné qu’aujourd’hui.

La suite à lire en achetant le livre de Marcel Carlini.

 

Extrait du livre de Michel Roudillaud 

 

Pour aller au menhir en partant de CAP

Environ 30 mn, pour s’y rendre depuis Cap Esterel, depuis le fond du parking extérieur, prendre le chemin des Ferrières.

Le portail d'entrée des Ferrières est cassé, suivre les traits bleus

Traverser ce qui fut pour les anciens propriétaires de Cap » le Camp des Indiens », ancien repère de jeux des ados, puis prendre la direction des carrières du Grand Caou - ST Raph

Longer des ruines, puis au niveau des sapins noircis prendre le chemin à droite.

 

Attention, zone à éviter les jours de chasse aux sangliers ...

Ce menhir est situé en limite du domaine de Cap Esterel, sur une parcelle appartenant à la SISE - société du grouper P&V.

 

Texte et photo Philippe Pons - 2020

*****************

 

 

 

 

Saint Raphaël à travers les Ages - Marcel CARLINI

                    

 

 

Bulletin société préhistoire

 

 

Site Robert Pons

 

 

 

Saint-Raphaêl - Michel Roudillaud

 

Voir les commentaires

Publié le 9 Août 2020

Dans la rubrique " NOUS" du journal Var Matin de ce Dimanche 09/08, André Peyrègne rend hommage à Abel Ballif, l'homme qui fut à la l'origine de la construction de la Corniche d'Or.

 

Pour mémoire notre article sur ce sujet publié en février 2019:

Histoire de la Corniche d'Or , 27 km de panorama, 183 virages.

 

copie de l'article de VM

copie de l'article de VM

Voir les commentaires

Rédigé par Var Matin - A. Peyrègne

Publié dans #CULTURE & PATRIMOINE

Publié le 10 Mai 2020

La plage du Dramont et l’ile d’Or  vers 1900 - document Gallica.

Les galets qui restent sur cette plage sont des chutes des pavés de porphyre provenant de l'exploitation des carrières du Dramont ( à l'emplacement actuel des 2 lacs) - photo Ph. Pons

 

Source :  Histoire du Dramont – JP Herreyres

 

Juillet 1909 – tour en construction – archive JP Herreyres- collection Famille Bureau

 

JP Herreyres émet l’hypothèse que l’architecte de la Tour soit l’ancien propriétaire Léon Sergent. En effet, l’entrepreneur Augustin Comba, retenu par le docteur Lutaud pour la construction est un prestataire de Léon Sergent.

Cette tour n’est pas dans le style de l’architecture des villas bourgeoises et hôtels dont  L. Sergent fit les plans à St Raphaël ou Valescure, hypothèse fausse.

Source : Ouvrage de Laurence Burau-Lagagne, L’Ile d’Or

 

Les tours des remparts d’Antibes

La ressemblance avec la Tour de l’île d’Or n’est pas frappante.

Source : Laurence Burau-Lagagne, L’île d’Or

 

Cette hypothèse d’un architecte italien vient d’être étayée par le témoignage de Mme Anne Marie Guillot, descendante d’une famille de maître carrier du Dramont, la famille BORGINI.

Comme de très nombreux ouvriers italiens recrutés aux carrières du Dramont, les BORGINI étaient originaires de Toscane, plus précisément du petit village de VELLANO. En atteste l’état civil des archives du Var : on trouve à St Raphaël, au début du XXè siècle de nombreux mariages de jeunes issus de ces familles vellanaises. L’apprentissage de la taille de la pierre est une longue et ancienne tradition dans cette région florentine, à Vellano mais aussi à Vinci tout proche (40 km).

Or, on trouve très curieusement à VELLANO, l’église San Martino e Sisto (photo ci-dessous) surmontée, comme l’île d’Or, d’une tour à créneaux.

Vellano, provincia di Pistoia

et à LUCQUES,  à 30 kilomètres de Vellano, la Tour Guinigi

Autre spécificité de la tour de l'île d'Or, la présence de machicoulis décoratifs.

Ces machicoulis ont un rôle purement décoratif.

Photo Patrick Colombet

On retrouve des machicoulis sur les tours de Vellano et Lucques, et comme le montre ces exemples, il n'en existe pas de nombreuses tours arabes.

 

Montage Anne Marie Guillot

 

Ce qui  conduit à une  NOUVELLE HYPOTHÈSE : 

Les carriers florentins du Dramont employés à la construction de la Tour de l’île d’Or ont vraisemblablement reproduit un monument à l’image de ceux de leurs villages.

 

Autre correspondance très troublante, on retrouve encore des machicoulis sur le pont conçu et réalisé par l'entreprise d'Aurelio Borgini sur le pont sur l'Oued Cherrat ( voir photo en fin d'article)

 

 

A la fin de la construction de la Tour, le Dr. Lutaud décide d’organiser sur son île, le 19 septembre 1910, en grandes pompes, une cérémonie au cours de laquelle il s’instituerait roi de l’île et baptiserait les lieux. Pour cela, il lui fallait une marraine, jolie et exemplaire. L’instituteur, chargé de ce choix, désigna Amélie BORGINI, sa meilleure élève. Elle n’a alors pas tout à fait 10 ans. Des personnalités sont invitées à la fête comme Angelo Mariani, Xavier Paoli, le préfet du Var, Louis Hudelo, Oscar Roty, le célèbre graveur, Charles Carolus-Duran, artiste peintre et une centaine de personnes. L’arrivée de Lutaud est annoncée par une fanfare.

 

Lundi 19 septembre 1910 : Angelo Mariani, tout de blanc vêt, à genou devant la marraine de l’Ile. Derrière elle, le docteur Lutaud- Roi Auguste 1er (document : site Angelo Mariani ) - Photo A. Bandieri  / St Raphael ??

Analyse de la photo de la cérémonie par Anne Marie Guillot

La photo montre Mariani, la clé de l’Ile à la main, qu’il remettra ensuite à la petite fille, chargée de l’offrir au roi Lutaud.

 

Neptune, Antoine Coysevox 1705

    De son côté Amélie tient dans sa main droite ce qui sert de sceptre. On ne voit que sa  partie supérieure terminée par une fourche. On retrouve cette fourche sur les armoiries de la Médaille qui sera remise aux invitées : un caducée y figure terminé par une fourche. On peut donc penser que le sceptre pouvait avoir la forme ci-contre.

 

Le caducée rappelle la profession de Lutaud (médecin) et la fourche celle de Neptune, Dieu de la Mer. Ces 2 symboles rappellent les 2 casquettes de Lutaud, médecin et roi de l’ile, voire même ses 2 personnalités, bon vivant mais aussi médecin.

Amélie conserva la clé. Elle permettait aux cousins, restés au Dramont, de prouver leur appartenance à la famille d’Amélie et de s’approcher de l’ile privée, voire d’y accoster, pour y pêcher.

Au cours de cette cérémonie, l’île est baptisée l’île Sainte Amélie.

Mais elle ne conservera pas longtemps ce nom qui est même effacé des mémoires.

Auguste 1er reçoit sa couronne et son sceptre et écoute avec attention les quelques vers récités par la marraine :

Sire, acceptez sur ce plateau
Cette clef de fleurs entourées ;
Que cet hommage vous agrée,
O Roi, le premier des Lutaud !
Grand souverain de l’île d’Or.
Pour vos sujets, soyez un père.
Que votre règne soit prospère
Pendant de bien longs jours encore,
Vive le roi de l’île d’Or !

Extrait  St Raphael Journal - 1910

Vous trouverez en pièce jointe des informations sur les principaux invités à l'inauguration.

Analyse de la Médaille commémorative par Norbert Guillot

 

Collection et photos Philippe Pons

 

Une Médaille est éditée pour l’occasion, offerte aux invités, d’argent ou de bronze sans doute selon le rang de la personne.

I-/-Le revers

La tour sur son rocher éclairée par un croissant de lune et une étoile. Les rais sur la gauche correspondent à une symbolique qui nous échappe. Autour de l’ensemble l’inscription « Augustus Primus Insulae Aureæ Proprio Motu Rex”— Auguste Premier de sa propre volonté roi de l’île d'Or —

En bas à droite, une inscription  L. Patriarchi, le nom du graveur

 

II/ Le recto :

- L’Ecu : les armoiries au centre du recto et leur signification héraldique

- Ornements extérieurs de l’écu : L’écu se présente avec en chef une couronne royale et en soutien deux salamandres (sous toutes réserves). La salamandre est le symbole de la pierre portée au rouge, ici elles sont dites rampantes selon le vocabulaire héraldique (c.a.d. dressées sur une patte)

- Ecu écartelé dont tous les quartiers présentent des traits horizontaux symbolisant les ondes c.a.d. la mer

- En 1 une tour posée sur un rocher

-  En 2 un croissant tourné en senestre, accompagné en abîme (centre) d’une étoile à 5 pointes (branches).

Senestre en langage héraldique c’est la droite et non la gauche car la description se fait depuis le porteur d’arme et non depuis l’observateur. Tourné vers la droite il symbolise la prospérité glorieuse

- En 3 un caducée rappelant sa profession, terminé par une fourche telle celle de Neptune, Dieu de la Mer. Ces 2 symboles (caducée et fourche) rappellent donc la profession de Lutaud et sa fonction de roi de l’Ile transformée en Dieu.

- En 4 une langouste, signe d’abondance en langage héraldique

 

 

- La devise :

« Insulae Aureæ Proprio Motu »/ Ile d’or de sa propre initiative.

Sans doute s’agissait-il d’avancer que l’île était reconnaissable entre toutes ce qui justifie d’ailleurs la devise adoptée par Lutaud mais qui ne figure pas comme telle sur la médaille :

« Ton salut est dans la sincérité ».

Dans cette devise est incluse, au début de la phrase et en Arabe oriental selon le calendrier hégirien ١٢٢٧ (1227) soit 1812 du calendrier grégorien ce qui ne correspond à aucun événement pour le royaume. On peut supposer qu'en réalité il s’agit de ١٣٢۷ (1327) soit 1909 date d'acquisition de l’île. Le second chiffre ٣ étant, par méconnaissance de l’Arabe ou par difficulté de gravure, devenu ٢.

- Le cadre vierge au bas de l’écu : Emplacement destiné à recueillir le nom de la personne à laquelle elle sera destinée

- La date d’émission :

Tout en  bas  MCCCXXVIII (1328) soit 1910 date à laquelle est proclamé le royaume : 19 septembre 1910 ou 14 Ramadan 1328.

- Tout autour de la médaille une inscription en caractères arabes

الجَازِير الصّدق « l'île crédible » ou île (el djezair) sincère authentique, répétée quatre fois

Cette devise en arabe est sans doute un clin d’œil de Lutaud à son frère, gouverneur d’Algérie, invité à la cérémonie.

 

 

 

Anne Marie Guillot témoigne :

(C’est une descendante de la famille BORGINI. Amélie était la sœur de sa grand-mère Iolande)

«  Le contre maître Aurelio Borgini, originaire de Vellano, père d’ Amélie, a eu 6 filles de son épouse Marie PIERI. Les 3 aînées restèrent au Dramont et y fondèrent une famille.

 

Le couple Maria PIERI-Aurelio BORGINI et leurs 3 filles aînées, de gauche à droite :

Amabilia épouse ULIVIERI , Bruna épouse LENZINI et Irena épouse ASSACCI

 

Les 3 plus jeunes (Amelie, Iolande, ma grand-mère et Léa) suivirent leurs parents au Maroc.

Les 3 plus jeunes filles de Aurelio BORGINI et une petite fille

De gauche à droite, debout :   Iolande épouse LEPRE, Amelie épouse MINEO et Lea épouse MORIN,

Assise : une petite fille de Aurelio, Amelie LENZINI.

 

      Les carriers se déplaçaient dans les lieux où il y avait du travail comme le faisaient, à la même époque, les scieurs de long. C’est ainsi que Aurelio et son frère Dante avaient travaillé en Roumanie avant de répondre à une offre à la carrière du Dramont. Aurelio y exerçait deux métiers : tailleur de pierres et aubergiste, aidé par sa femme Maria.

      Arriva la Grande Guerre, les hommes en âge d'être mobilisés partaient au front. Aurelio Borgini avait passé l'âge d'être mobilisé avec l'armée italienne alors alliée de la France. La main d'œuvre se faisait rare à la carrière. Un commissaire de police, ami d’Aurelio lui dit alors  : «Tu ne vas bientôt plus trouver d’hommes ni de travail alors qu’au Maroc,( pays neuf en plein développement grâce à l'impulsion de Lyautey), on demande des tailleurs de pierres ». Ecoutant ces conseils, Aurelio partit avec son épouse, ses 3 plus jeunes filles et son équipe d’ouvriers italiens. Il gardait pourtant des séquelles d’une blessure au poumon à la suite d’un coup de poignard reçu dans son auberge en voulant séparer deux hommes qui se battaient.

 

Le Var, 26 mai 1912

 

     La famille était installée au Dramont sans doute depuis les années 1880, mais à chaque naissance Maria partait accoucher dans son village, près de sa mère. Ma grand-mère Iolande Borgini, est donc née à Vellano en 1901, comme ses sœurs aînées et comme Amelie (en 1899). Elle gardait de son adolescence au  Dramont le souvenir d'une période très gaie, des concours de valse organisés tous les dimanches par son père à l'auberge, du piano mécanique et de la joie des habitués quand il recevait de nouveaux rouleaux de musique."

Vers 1950, vue générale de la Cité ouvrière du Dramont, à gauche la carrière, aujourd'hui le lac, sous la flèche rouge l'auberge de la famille Borgini. ( document collection Antoine Bertrani )

L’auberge se situait à l’emplacement de l’actuelle Auberge Provençale, et Louis Polvérini, fils de carrier du Dramont, se souvient encore des bals du Dimanche et du piano mécanique.

   " Les ouvriers italiens emmenés au Maroc par Aurelio avaient une maîtrise de la technique de la taille de pierres. Ils construisirent entre autres, les ponts sur l'oued Akrech et l'oued Cherrat près de la ville de Salé, près de Rabat. Le pont sur l'oued Akrech, devenu trop étroit a été détruit. Il en reste de rares cartes postales. Celui sur l'oued Cherrat a été conservé bien que interdit à la circulation et même rénové, par volonté de conserver un pan de l’histoire architecturale du Maroc. Je lis sur un blog que les ponts ont été construits par la Légion et les indigènes. Ces derniers intervenaient comme une aide mais la taille de pierres était exécutée par les carriers italiens venus du Dramont.

Pont sur l’oued Cherrat

       La volonté de Aurelio était sans doute de revenir au pays après la guerre. Mais il mourut très peu d'années après son arrivée au Maroc, des conséquences du coup de poignard. Les  poussières inhalées dans l'exercice de son métier n'ont sans doute rien arrangé. Sa femme restée seule au Maroc, avec ses trois dernières filles adolescentes, a repris son activité d'aubergiste. Les 3 filles s'y sont mariées. Amelie fonda une famille avec Jules MINEO, créateur d’une chaîne de cinémas florissante au Maroc. Elle est décédée à Bastia en 1986, à l’âge de 87 ans. Iolande se maria avec Jean LEPRE, fils d’entrepreneur d’électricité à l’origine de l’électrification de Casablanca. Léa, la dernière, épousa Eugène MORIN.

      Quant aux 3 aînées restées en France, elles firent souche au Dramont :  Bruna épousa Marc Joseph LENZINI, Amabilia épousa Giuseppe ULIVIERI, Irena épousa Cesar ASSACCI, tous tailleurs de pierres. Les descendants ASSACCI y étaient encore il y a quelques années, je les ai perdus de vue. »

De gauche à droite :    - Iolande 16 ans et    - Amelie (assise) 19 ans.

  

L’Ile d’Or avec en arrière plan le Dramont – les Carrières (à  l'emplacement actuel des 2 lacs) et les habitations - vers 1950 – collection JP Herreyres

 

>>> collection photographique Anne-Marie Guillot et Antoine Bertrani

 

>>> WIKIPEDIA : cet article très documenté a été écrit par un ancien propriétaire de Cap Esterel. Il a obtenu la mention AdQ (article de Qualité) , par le comité qui juge de la fiabilité des informations publiées par les contributeurs de Wikipedia.

 

... et pour mémoire retrouvez l’Histoire en images de l’Ile d’Or sur l’article publié en 2018 sur ce blog.

 

Si des descendants des familles ASSACCI, LENZINI et ULIVIERI , lisent cet article, merci de laisser un message via le lien de contact du blog, pour transmission à Mme Anne Marie Guillot.

Illustration Paul Bret - 1936

Banquet d’inauguration - quelques portraits des invités - document Anne Marie Guillot

 

Après la parution de cet article, le journaliste de VAR MATIN, Nicolas Pascal, reprenait notre hypothèse : 

     

 

Voir les commentaires

Publié le 3 Avril 2020

En ce début de vacances de Pâques, comme nous ne pouvons-nous déplacer, je vous propose un petit voyage en images avec l’histoire des pergolas d’Agay.
Philippe Pons

 

 

Sur cette carte postale datant d'environ 1910-20, les pergolas n'existent pas.

Sur la droite l'ancienne église d'Agay qui sera partiellement détruite et reconstruite au même emplacement. (article en préparation)

Après la première parution de cet article, Frédéric d'Agay m'a précisé que les pergolas dataient de 1930, suite à une décision du Syndicat d'Initiative nouvellement créé à AGAY.

 

 

Les pergolas, le pont routier, et en arrière plan l’Hôtel des Roches Rouges.

 

Extraits de la Cote d’AZUR du Dr. Donnadieu paru en 1936

 

Cette carte postale date de 1932, édition Galeries de l’Esterel – Agay, on aperçoit en arrière plan la grosse villa et le voilier de Maurice Bunau Varilla .

Les pergolas, le port avec quelques barques de pêcheurs, le Grand Hôtel d’Agay et la Réserve d’Agay

2 cartes postales datant de 1933, édition MUNIER.

La coloration des images est manuelle à partir de photos Noir et Blanc.

 

Brochure rare publiée par le Syndicat d’Initiative de St Raphael en 1937.

Toutes les photos sont signées du photographe de St Raphael Lucarelli.

Le bâtiment de 3 étages au centre de l’image est l’ancienne gendarmerie détruite par les bombardements en mai 1945.

 

Petit à petit le port d’Agay se transforme et se développe, les pontons se multiplient.

 

 

 

2020 , les pergolas dominent toujours le port, les colonnes ont pris la couleur de l'Esterel

photos © Patrick Colombet et Philippe Pons

Avec Patrick nous avons comptés 7 pergolas, amis lecteurs, avez vous une explication, en dehors de la fascination sur le chiffre 7, le chiffre de la chance pour Agay ?

 

 

La COTE d’AZUR Edition Berger Levrault - 1936 , un ouvrage de référence.

Brochure Syndicat d’Initiative de St Raphael - 1937

 collection Ph. Pons 

Voir les commentaires