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Publié le 1 Août 2016

En ce début Août,

je vous invite à découvrir,

Un tourisme d’un genre nouveau : Sur les Pas des écrivains

Une collection très originale crée par les éditions Alexandrines, propose de partir à la recherche des grandes figures littéraires d’un département.

Frédéric d’Agay, écrivain, historien, son arrière petit neveu, nous raconte la vie de Saint-Exupéry, dans Balade dans le Var

 

SAINT-EXUPERY DANS LE VAR

      Si l’écrivain-pilote Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) est né à Lyon d’une  vieille famille quercynoise, il appartenait à la Provence par sa mère : Marie de Fonscolombe était la fille du baron de la Mole. C’est donc au château de La Mole, près de Saint-Tropez, chez ses grands-parents maternels que se déroulèrent ses premières vacances varoises. Ce château médiéval a été aménagé au cours des siècles et rendu habitable au XIXe : les remparts extérieurs et les tours d’angle du midi furent rasés pour faire place à une terrasse dominant la vallée de La Mole où se dresse le platane planté par sa mère pour ses sept ans en  1882. Un parc est planté avec des espèces rares, des rhododendrons au bord de la rivière, une bambouseraie….

Les Fonscolombe, famille parlementaire aixoise étaient ouverts à toutes les formes de l’esprit et de l’intelligence, la peinture – la mère d’Antoine peignait au pastel portraits et paysages – la musique avec de nombreux compositeurs, et la nature avec des entomologistes et botanistes… la vie quotidienne à La Mole était assez patriarcale et austère, pastorale et provençale. Antoine s’en souvient dans ses livres et sa correspondance : «Il y avait à La Mole (…) une bergerie extraordinaire, une crèche avec des moutons et des chevaux et un bœuf et des bergers et un âne et trois rois mages dix fois plus grand que les chevaux, et surtout une odeur de cire qui est pour moi l’essence de toute fête… j’avais cinq ans…[1] ».

Après la mort de son père d’une attaque sur le quai de la gare de la Foux, à Cogolin, sa mère s’installa un temps à la Mole et, pour le jour de sa fête, se souvient-elle dans son livre J’écoute chanter mon arbre[2]  : « Antoine apportait un poème : Dieu t’adonné la grâce et la beauté/Et tu nous chéris quelle félicité ».

[1] Lettre à Pierre Chevrier, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 2, p. 972, Gallimard, Paris,1999.

[2] Gallimard, Paris, 1971.

Balade dans le Var  -  Editions Alexandrines  -  pages 70/71

Balade dans le Var - Editions Alexandrines - pages 70/71

   De La Mole la famille se rend souvent au château de Sinopoli à l’entrée de Saint-Tropez chez l’oncle et la tante Hubert de Fonscolombe. Puis à la mort de son grand père en 1910, sa grand-mère se fixe à St Raphaël dans la villa Marie-Madeleine. Lieu de villégiature très à la mode, Saint-Raphaël faisait concurrence à Cannes et c’est là désormais qu’Antoine se rend pour les réunions de famille.

Il a pour compagnon de jeu un jeune voisin Pierre d’Agay, qui a le même âge que lui et c’est très naturellement que ce dernier tombe amoureux de la petite sœur d’Antoine, Gabrielle dite « Didi » qu’il épouse en 1923. Il fixe son ménage dans le château familial d’Agay, bâti sur un fort à la Vauban, au milieu de la rade dont il assurait la défense.

Le Château D’Agay – carte postale édition LL – collection Ph. Pons

Le Château D’Agay – carte postale édition LL – collection Ph. Pons

  Et c’est donc à Agay qu’Antoine séjournera continuellement jusqu’à sa mort. Très lié a sa sœur Didi il en trace le portrait dans Courrier sud : «  Vous étiez si bien abritée dans cette maison et, autour d’elle, par cette robe vivante de la terre. Vous aviez conclu tant de pactes avec les tilleuls, avec les chênes, avec les troupeaux que nous vous nommions leur princesse [1]». Il aime l’ambiance de cette maison qui lui rappelle son enfance et l’animation de ses quatre neveux qui l’appellent l’oncle  « papou » et viennent le réveiller en fanfare le matin. Il leur raconte des histoires et les fascine avec la prise de rasoir électrique de sa  puissante torpédo américaine. Souvent il appelle Didi d’Agay au téléphone et lui dit : « prépare moi un aïoli ou une bouillabaisse … j’arrive ce soir ou demain… » et la fête dure plusieurs jours. Le 12 avril1932 il se marie dans la chapelle d’Agay avec une jeune veuve sud-américaine, Consuélo Suncin. L’abbé Sudour, directeur de l’Ecole Bossuet de Paris, qui lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 4 avril, célèbre le mariage et un déjeuner familial se tint dans le vieux château d’Agay.

 

[1] Courrier Sud, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 1, p. 53, Gallimard, Paris,1994.

Editions FOLIO

Editions FOLIO

  Ses séjours se poursuivent pour se reposer de ses raids et de ses accidents d’avion comme celui du Maroc de 1927 ou du Guatemala en 1938, ou pour écrire des passages de Terre des Hommes ou de Citadelle.  Pilote d’essai de la nouvelle compagnie Air France, il connaît un grave accident en baie de Saint-Raphaël le 21 décembre 1933 sur un prototype d’hydravion torpilleur, le Laté 293. Il manque de se noyer et sa carrière de pilote d’essai s’arrête. Il trouve chez sa sœur à Agay le repos, la poursuite des traditions familiales et de la lignée qu’il n’a pas pu assurer. Il écrira pendant la guerre« Je me bats pour la paix d’Agay ».

Enveloppe éditée pour le 50 eme anniversaire de la disparition de St Exupéry - collection Ph. Pons

Enveloppe éditée pour le 50 eme anniversaire de la disparition de St Exupéry - collection Ph. Pons

  Après la déclaration de Guerre contre l’Allemagne  en 1939 il s’engage dans le groupe de reconnaissance aérienne 2/33 alors qu’on veut l’empêcher de participer au service armé pour le maintenir à l’Information : «En Provence, quand une forêt brûle, tous ceux qui ne sont pas de salauds prennent un seau et une pioche… [1]». Il passe les fêtes du premier Noël de guerre à Agay avec sa mère venue de Cabris, où elle habite désormais, et chante les Noëls provençaux traditionnels de Saboly à la messe de Minuit  dans la chapelle d’Agay ou sa sœur tient l’harmonium et dirige la chorale.

La drôle de guerre terminée, il revient à Agay en mai 1940 avec son amie Nelly de Voguë et ses amis La Falaise, installés à l’hôtel de la Baumette, et qui tentent en vain de le persuader de partir pour Londres avec eux. Il décide de se rendre aux Etats-Unis et vient embrasser une dernière fois sa mère et les d’Agay avant de partir pour Lisbonne d’où il s’embarque pour New York en décembre 1940.

 

[1] Lettre à Pierre Chevrier, in Bibliothèque de La Pléiade,  Oeuvres complètes , vol. 2, p. 935, Gallimard, Paris, 1999.

Carte postale phare de la Beaumette – édition RM – collection Ph. Pons

Carte postale phare de la Beaumette – édition RM – collection Ph. Pons

  Il écrit Pilote de Guerre, Lettre à un otage et le Petit Prince qui consacrera son succès international. En 1943 il repart en Afrique du Nord rejoindre son escadrille 2/33 et reprendre du service comme « doyen des pilotes de guerre du monde » Lors d’une mission au-dessus des côtes française il s’aperçoit que le château d’Agay a été détruit par l’armée allemande en mai 1944 et il écrit alors à sa mère « Ca m’a blessé au cœur que Didi ait perdu sa maison. Ah, Maman, que je voudrais pouvoir l’aider ! Mais qu’elle compte sur moi pour l’avenir. Quand sera-t-il possible de dire qu’on les aime à ceux que l’on aime ? [1]». Cette lettre datée de Borgo de fin juillet 1944 sera la dernière : « Saint-Ex » sera abattu par un chasseur allemand au cours d’une mission aérienne le 31 juillet 1944 devant Marseille et la lettre ne parviendra à sa mère et sa sœur qu’un an plus tard…

[1] Lettre à sa mère, in Bibliothèque de La Pléiade,  Oeuvres complètes , vol. 2, p. 851, Gallimard, Paris, 1999.

Aussi est-ce tout naturellement que la première plaque posée pour rendre hommage à Saint-Exupéry mort pour la France, après la guerre l’ait été sur le phare de la Baumette à Agay. Une fontaine dédiée au Petit Prince a été élevée dans le quartier de la Bastide. A Saint-Raphaël, le lycée porte son nom et à La Mole un s’élève sur une nouvelle place.

Frédéric d’Agay

 

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Antoine de St Exupéry par Frédéric d'Agay

« Je tiens à exprimer mes remerciements :
- à Madame Marie-Noelle Craissati, créatrice des Editions Alexandrines
- et à Frédéric d’Agay,
pour nous avoir autorisés à utiliser ce texte dans le blog du "3C", Collectif des Copropriétaires de Cap Esterel.
Philippe Pons

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Publié le 19 Mai 2016

collection JP Herreyres

collection JP Herreyres

La quasi-totalité des habitants du quartier était de nationalité italienne, ils provenaient dans un premier temps de la région de Gênes, avec entre eux des liens familiaux proches. Avant les carrières la principale richesse de Saint-Raphaël était issue de l'agriculture (vin, huile) et de la pêche monopole des génois.

Ils habitaient dans les logements mis à disposition par la Direction, le « village des carriers », futur quartier du Dramont.

Les premiers logements au dessus des carrières – collection JP Herreyres

Les premiers logements au dessus des carrières – collection JP Herreyres

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fond Carlini – photo J. David

1895 – Les carrières de Porphyre, collection Mediathèque St Raphael / fond Carlini – photo J. David

1895 – Recadrage sur la photo de groupe - , collection Mediathèque de St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

1895 – Recadrage sur la photo de groupe - , collection Mediathèque de St Raphael / fonds Carlini – photo J. David

Le village du Dramont vers 1946  - collection Antoine Bertani

Le village du Dramont vers 1946 - collection Antoine Bertani

Ce village était majoritairement habité par les ouvriers, à savoir :

- des mineurs, chargés des « tirs de pétards » à la pause déjeuner et après la journée de travail. L'utilisation de la poudre noire entraînait de fréquents accidents.

- des tailleurs de pierre, payés à la tâche et dont les meilleurs taillaient jusqu'à 120 pavés par jour. Des concours internes récompensaient les plus productifs.

- des marqueurs, qui traçaient une marque sur chaque pavé afin d'établir la paye des tailleurs de pierre.

- des forgerons, dont l'essentiel du travail consistait à fabriquer et affuter les outils des tailleurs de pierre.

- des mécaniciens, qui assuraient l'entretien des installations de transport et de traitement des matériaux.

- des graisseurs, lubrifiant chaque poulie à longueur de journée.

- des journaliers, les intérimaires de l'époque, tenant par exemple le poste de pompiste chargé d'évacuer l'eau du fond de l'exploitation.

- des gargotiers, qui portaient de l'eau aux ouvriers pour les soulager des effets de la poussière.

- des manœuvres, chargés de remplir les wagonnets sur les lieux d'extraction ou d'approvisionner les fours à charbon pour les machines à vapeur.

Après leur dure journée de labeur, les carriers bons vivants et solidaires ne manquaient pas une occasion d'organiser une fête ou un bal.

Le « Cercle » est le lieu de rencontre et de détente, cartes, quilles, billard, pétanque.

Dans les années 1920, l'activité extractive est à son plus haut dans le quartier du Dramont. Sur 2000 villageois, 800 travaillent dans plusieurs carrières.

Le catalogue présente 42 modèles de pavés.

En 1907, production moyenne de 2700 pavés / jour, qui atteint 5600 pavés en 1913.

En 1923 la société des carrières de porphyre possède 208 hectares.

Contrat de travail datant de 1923 - source Mémoires de l'Esterel - Collections de la ville de St Raphael 2016.

Document appartenant à Mme Wanda Ubbizzioni, née Giannetti.

Pour 1 franc de l'heure, le carrier travaille 6 jours sur 7, 9 heures par jour.

Outils de carrier / encyclopédie d’Alembert

Outils de carrier / encyclopédie d’Alembert

La chapelle du Dramont, financée par les administrateurs des carrières est construite en 1930.

La ligne de démarcation a été franchise après le débarquement allié de 1942 en Afrique du Nord, une partie du Sud-Est a été occupée par les italiens.

Après la capitulation de l'Italie le 8 septembre 1943, les allemands s'implantent dans le secteur

Les carrières sont réquisitionnées par les Allemands pour fournir des matériaux destinées à construire le mur de la Méditerranée, avec une partie du personnel ainsi que des prisonniers.

Plage du Dramont - Le débarquement Américain -  Aout 1944 - Photo X

Plage du Dramont - Le débarquement Américain - Aout 1944 - Photo X

La direction du site obtient que la plage du Dramont ne soit pas minée, pour des raisons de sécurité vis-à-vis de son personnel.

Cette exigence et les rejets de déchets de pavés jetés sur la plage favoriseront la pleine réussite du débarquement allié le 11 Aout 1944.

Timbre commémoratif de la Libération – Carte postale collection Delcampe

Timbre commémoratif de la Libération – Carte postale collection Delcampe

Système élévateur pour remonter les roches. Collection JP Herreyres.

Système élévateur pour remonter les roches. Collection JP Herreyres.

Dès 1944, la municipalité de St Raphael  préconise « de classer ce prestigieux littoral ».

En 1947 la disparition programmée des carrières se précise. Le bitume et le macadam remplacent progressivement les pavés.

Plan général des carrières datant de 1952 – collection Antoine Bertani

Plan général des carrières datant de 1952 – collection Antoine Bertani

A noter que l’atelier, les silos, le concasseur étaient situés à l’emplacement actuel de la gare d’arrivée du petit train de Cap Esterel.  Carte Postale Médiathèque de St Raphael / Fonds Carlini.

A noter que l’atelier, les silos, le concasseur étaient situés à l’emplacement actuel de la gare d’arrivée du petit train de Cap Esterel. Carte Postale Médiathèque de St Raphael / Fonds Carlini.

Vue depuis le Sémaphore, vers 1890- Collection de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées - source BNF / Gallica

Vue depuis le Sémaphore, vers 1890- Collection de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées - source BNF / Gallica

-	Vue aérienne datant de 1955-1960 - Collection JP Herreyre – Edition MAR

- Vue aérienne datant de 1955-1960 - Collection JP Herreyre – Edition MAR

Les carrières depuis l’Ile d’Or- Collection JP Herreyres  - edition IRIS

Les carrières depuis l’Ile d’Or- Collection JP Herreyres - edition IRIS

En 1957, la société des carrières possède une surface de 204 Ha.

L’activité cesse définitivement en 1959.

En 1982 elle vend 188 Ha à la société Dramont Aménagement qui projette de construire le village de vacances de Cap Esterel.( lieudits : Le Dramont, Les Ferrières, Vallon Vacquier, Garde-Vieille, Aire-Peyronne, le Camp Long)

En 1986, arrêt ministériel autorisant la formation de la ZAC du Cap Dramont, l’ensemble de la propriété est de 210 Hectares suite à l’acquisition de terrains à des tiers.

1989 – Commercialisation du village . L’achat de faisait sur plan, le vendeur situant votre appartement sur une très grande maquette.  La piscine à vague est déjà construite

1989 – Commercialisation du village . L’achat de faisait sur plan, le vendeur situant votre appartement sur une très grande maquette. La piscine à vague est déjà construite

1990 : inauguration de la première tranche du Village de Cap Esterel. ( Publicité P&V pour le lancement de la station)

1990 : inauguration de la première tranche du Village de Cap Esterel. ( Publicité P&V pour le lancement de la station)

Sous les pavés, la plage ….ou l’histoire des carrières du Dramont ( épisode 2 )

Les sites d'extraction du Dramont sont devenus pour l'un une réserve d'eau dédiée au réseau d'aspersion du Village de Cap Esterel, pour l'autre une base de loisirs nautiques.

En octobre 2007, les 2 lacs ont été cédés à la commune de St Raphael avec un bail emphytéotique d’une durée de 30 ans, qui autorise les activités existantes.

Le remplissage des lacs se fait uniquement par le ruissellement des eaux de pluie. Mesures effectuées par Antoine Bertani / géomètre le 089/11/1990

Le remplissage des lacs se fait uniquement par le ruissellement des eaux de pluie. Mesures effectuées par Antoine Bertani / géomètre le 089/11/1990

A la vue de tous ces travaux immenses qui ont, in fine, crée ces lacs carriers comment ne pas avoir une pensée pour tous ces ouvriers, pour leurs familles, leurs enfants ?

Comment peut-on imaginer en moins d'une génération passer d'un labeur aussi dur à une société de loisirs avide de consumérisme ?

« Les gens n’avaient rien mais partageaient tout » René Zucco, président du Cercle Dramontois,

Extrait d'un article Var matin du 13/04/2016

 

2015 - Le lac Est.

2015 - Le lac Est.

1968 - Grafiti dans le 20eme arrondissement. Photo Ph. Pons

1968 - Grafiti dans le 20eme arrondissement. Photo Ph. Pons

Mai 68 et tous ces pavés, les plus fleuris comme les plus virulents ont constitué un tournant dans cette période des trente glorieuses, comme aujourd'hui avec toutes les transformations sociétales. Puissions-nous avec ces quelques photos et commentaires garder un souvenir ému de toutes ces personnes qui ont participé à construire l'histoire du Dramont.

Philippe Pons

Wagonnet exposé devant la Mairie annexe du Dramont

Wagonnet exposé devant la Mairie annexe du Dramont

Le dernier wagonnet est  depuis 2019 sur le rond point des Carriers

Sources Iconographiques et Remerciements :

  • Jean –Pierre Herreyres, la « mémoire » du Dramont, principal contributeur de cet article.
  • La BNF / Gallica pour la mise en ligne de 21 photographies de l’Ecole des Ponts et Chaussées, sur les carrières , datant de 1890.

 

  • La Mairie de Saint Raphael / service Environnement  - Mme Denis Caroline
  • La Médiathèque de Saint Raphael : Mme Isabelle Riper, directrice de la Médiathèque  et Mme Dominique Miraglio, responsable du fonds Carlini.

 

  • Monsieur Antoine BERTANI, géomètre pour le prêt de plans et autres documents.
  • Monsieur René Zucco : président du Cercle du Dramont
  • Les carrières du Grand Caou – Mme Julie Fournier  et M. Couderc.

 

et merci à Pascal Picot, ancien Président de l’ASCAPE, qui m’a transmis les premières informations sur l’histoire du Dramont.

 

Sous les pavés, la plage ….ou l’histoire des carrières du Dramont ( épisode 2 )

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Rédigé par Jean-Pierre Herreyres et Philippe Pons

Publié dans #CULTURE & PATRIMOINE

Publié le 10 Mai 2016

Plage du Dramont, vers 1890. Source BNF/Gallica, en arrière-plan l’ile d’Or . La tour sarrasine n’est pas encore construite.

Plage du Dramont, vers 1890. Source BNF/Gallica, en arrière-plan l’ile d’Or . La tour sarrasine n’est pas encore construite.

Le cairn, œuvre éphémère - Plage du Dramont  / 2014. - La Tour de l’Ile d’Or sera construite entre mai 1909 et septembre 1910. ( l’histoire de l’ile d’Or, à suivre, dans un prochain article)

Le cairn, œuvre éphémère - Plage du Dramont / 2014. - La Tour de l’Ile d’Or sera construite entre mai 1909 et septembre 1910. ( l’histoire de l’ile d’Or, à suivre, dans un prochain article)

Des chutes de pavés aux galets de la plage ....

Les deux lacs situés à l'arrivée du petit train étaient à l'origine des carrières de porphyre bleu de l'Esterel.

 

Sous les pavés, la plage …. ou l’histoire des carrières du Dramont ( épisode 1 )

Auguste MICHEL-LEVY, ingénieur des mines, donnera en 1896 le nom d'Esterellite à cette roche, communément appelée « porphyre bleu de l'Esterel ».

Cette roche microdiorite quartzique se présente sous la forme d'une pâte amorphe, dure, homogène englobant des cristaux de feldspaths blancs. Selon le degré d’altération, le faciès du porphyre peut se rapprocher de celui des granites.

Vers 1980 - Vue aérienne des lacs, après la fermeture des carrières. Document A. Bertani

Vers 1980 - Vue aérienne des lacs, après la fermeture des carrières. Document A. Bertani

 Le porphyre extrait par les carriers était utilisé pour faire des pavés et du ballast.

Les chutes de taille, rejetées en bordure de mer sur l’actuelle plage du Dramont, devinrent par le brassage de la mer, les galets que nous connaissons aujourd’hui.

Carte postale datant de 1920/1930 -, au premier plan des pavés sont nettement visibles. Editions Adia  - Collection Ph. Pons

Carte postale datant de 1920/1930 -, au premier plan des pavés sont nettement visibles. Editions Adia - Collection Ph. Pons

Le Dramont et l’Ile d’Or en Mars 2016

Le Dramont et l’Ile d’Or en Mars 2016

Voici l’histoire de ce site industriel très méconnu qui compta jusqu’à 1000 ouvriers.

Je tiens à remercier :

  • Jean-Pierre Herreyres auteur du livre :

Le Dramont - De la cité ouvrière au centre touristique – 150 ans d’Histoire-

qui m’a autorisé a puiser dans son livre et dans ses archives.

  • la Médiathèque de St Raphael pour l’accès au fond Carlini.

A noter que comme moi, M. Herreyres n’est pas un ancien du Dramont, mais dès qu’il a connu l’histoire de ce village de carriers, il a souhaité reconstituer l’histoire de ce quartier et la faire partager.

Les débuts de l’exploitation

Le site était connu depuis longtemps, mais peu accessible et très mal desservi, il faut attendre 1863, date de l’ouverture de la voie ferrée Toulon –Cannes par la compagnie PLM.

7000 à 8000 ouvriers dont de nombreux tailleurs de pierre et mineurs ont travaillés sur le chantier du chemin de fer, il est probable que certains seront à l’origine des exploitations minières.

A partir de 1864, sont accordés par le Préfet,

les premiers contrats d’exploitation.

Les surfaces sont petites  2 à 5 hectares, elles sont situées entre la voie ferrée et la mer, sur l’emplacement actuel de l’esplanade du débarquement, du lotissement et de l’hôtel les Roches Rouges.

Cadastre Napoléonien datant de 1826. Parcelle D2 les Plaines.  Doc. Archives départementales de Draguignan Le Darmont deviendra le Dramont.

Cadastre Napoléonien datant de 1826. Parcelle D2 les Plaines. Doc. Archives départementales de Draguignan Le Darmont deviendra le Dramont.

Dans les premières années l’extraction se fait « à la pince et à la poudre » ; arrivés à 5m de profondeur le site est abandonné faute de moyens de levage. Les pierres évacuées en brouette.

Le travail est très dur pour les ouvriers qui sont pour la majorité d’origine italienne.

Population de St Raphael en 1876 : 1387 habitants dont 181 italiens, en 1886 : 3227 habitants dont 816 italiens,

Les carrières sont le plus gros entrepreneur

de St Raphael.

A partir de 1869, l’extraction s’industrialise, la machine à vapeur permet de tirer des wagonnets avec un cable, d’installer des moyens de levage.

Les frères Bonnamy achètent de nombreuses parcelles, et en 1872 commencent à construire la cité ouvrière du Dramont.

En 1876, autorisation d’exploiter les parcelles situées à gauche de la voie ferrée, les parcelles 222 et 223 sont acquises par un Belge Jules Dujaquier, qui rachète ensuite les parcelles des frères Bonnamy et en 1883 est créé la Société des Carrières de Porphyre de St Raphael.

4000 actions sont mises en vente.

4000 actions sont mises en vente.

L’exploitation à grande échelle commence.

La société belge possède 39 hectares de terrain en bord de mer et émet 4000 actions de 500 Francs pour fonder la SA des Carrières de Porphyre de Saint-Raphaël. L'essentiel de la production est destiné aux pavés, pierres brutes et ballasts pour les chemins de fer. La carrière possédait d'ailleurs un embranchement privé sur le réseau ferré ainsi qu'un pont transbordeur pour le transport maritime par chaland.

Voici des photos N/B sur papier albuminé extraites de la  photothèque de l’Ecole des Ponts et Chaussés , réalisées entre 1885 et 1890, elles sont archivées par la BNF / Gallica.

( pour améliorer la lisibilité de ces documents je me suis permis d’effectuer des virages colorés – Ph Pons )

Carrière Ouest - Carrière Est et gGradins inférieurs - docs. BNF / Gallica
Carrière Ouest - Carrière Est et gGradins inférieurs - docs. BNF / GallicaCarrière Ouest - Carrière Est et gGradins inférieurs - docs. BNF / Gallica

Carrière Ouest - Carrière Est et gGradins inférieurs - docs. BNF / Gallica

Taille à la massette ou têtu. La pierre dégrossie sera ensuite affinée avec la boucharde - doc. BNF / Gallica

Taille à la massette ou têtu. La pierre dégrossie sera ensuite affinée avec la boucharde - doc. BNF / Gallica

Abattage et Refente  - docs. BNF / Gallica
Abattage et Refente  - docs. BNF / Gallica

Abattage et Refente - docs. BNF / Gallica

Passage sous la voie du train PLM Toulon-Cannes , actuel tracé du TGV - doc. BNF / Gallica.

Passage sous la voie du train PLM Toulon-Cannes , actuel tracé du TGV - doc. BNF / Gallica.

Stockage avant expédition et descente vers la mer pour chargement des bateaux. -  docs. BNF / Gallica
Stockage avant expédition et descente vers la mer pour chargement des bateaux. -  docs. BNF / Gallica

Stockage avant expédition et descente vers la mer pour chargement des bateaux. - docs. BNF / Gallica

Jetée d’embarquement - doc. BNF / Gallica.

Jetée d’embarquement - doc. BNF / Gallica.

Chargement - Carte postale collection JP Hereyres

Chargement - Carte postale collection JP Hereyres

Le socle du chargeur est toujours visible sur la plage. Photos réalisées en Mars 2016
Le socle du chargeur est toujours visible sur la plage. Photos réalisées en Mars 2016

Le socle du chargeur est toujours visible sur la plage. Photos réalisées en Mars 2016

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à Suivre dans un prochain article,

la suite et fin de l'histoire

des carrières du Dramont avec:

Médiathèque de St Raphael - Fonds Carlini

- 1895 : des photographies rares en provenance de la Médiathèque de St Raphael.( fonds Carlini)

- 1920 : les grandes années des carrières , les métiers, les outils.

- 1945 : l'importance des chutes de pavés lors du débarquement Américain sur la plage du Dramont.

- 1959 la fin de l'activité industrielle.

- 1982 : la vente de 188 ha à Dramont aménagement.

- 1990 : la première tranche de notre village.

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Rédigé par Jean-Pierre Herreyres et Philippe Pons

Publié dans #CULTURE & PATRIMOINE