Publié le 4 Juin 2026
Il y a déjà 10 ans, je vous racontais l’histoire des carrières du Dramont , à travers plusieurs articles.
J’avais été reçu très amicalement par René Zucco, Antoine Bertani et JP Herreyres qui m’avaient communiqué de très nombreuses informations et répondus à mes nombreuses questions.
La Ville de Saint-Raphaël rend aujourd’hui un hommage mérité à René Zucco via son excellent site internet , voici la copie de l’article.
Philippe Pons
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Aujourd’hui, découvrez René Zucco, une figure incontournable du patrimoine local, intimement liée à l’histoire du Dramont dont il incarne l’âme et l’identité.
Ancien architecte et petit-fils de carrier, René Zucco compte parmi les derniers gardiens de l’héritage laissé par les carrières de porphyre qui ont marqué le territoire entre 1864 et 1959. Avec passion, il transmet le souvenir de cette aventure humaine et industrielle, écrite par des familles venues d’Italie en quête d’un avenir meilleur à Saint-Raphaël.
En 1864, à seulement 18 ans, l’arrière-grand-père de René quitte sa Toscane natale pour rejoindre les carrières du Dramont. Comme tant de ses compatriotes, il vient chercher du travail et un toit. « Ils immigraient pour survivre. Ils ont épousé la France », rappelle René.
Une épopée humaine et industrielle
Élevé en grande partie par ses grands-parents, René garde des souvenirs heureux d’une cité ouvrière où tout le monde se connait et s’entraide. Son grand-père, tailleur de pavés, lui transmet le goût du travail et de l’autonomie. « Il était humble et tendre. Sa richesse, c’était la famille et la solidarité. » À l’époque, le quartier vit au rythme du vacarme du concasseur, de la poussière omniprésente et des fumées noires de la chaudière à charbon. Mais le dimanche après-midi, l’accordéon remplace les machines et les bals populaires attirent les habitants de toute la région.
René n’a jamais envisagé de quitter son quartier. « Ici, c’est un petit paradis », confie-t-il. Après le baccalauréat, il suit la voie de son frère et obtient son diplôme d’architecte tout en travaillant. Marié depuis 56 ans à Yvonne, fondatrice du Cercle Dramontois en 2008, qu’il connait depuis le berceau, il partage avec elle des racines profondément ancrées dans l’histoire des carrières. Ensemble, ils entretiennent l’âme du quartier avec l’organisation de repas conviviaux, de lotos et de fêtes traditionnelles, perpétuant ainsi la solidarité et la convivialité héritées du temps des carriers.
Des vies de labeur, de solidarité et de courage honorées
À la retraite, avec son ami d’enfance Antoine Bertani, fils de forgeron des carrières, René se plonge dans les archives familiales. Maillons de cette histoire collective, ils décident de faire vivre le souvenir du millier d’ouvriers qui a bâti le Dramont et contribué au développement de Saint-Raphaël, à force de travail et de courage. « C’est une épopée humaine d’une grande richesse, on ne pouvait pas la laisser sombrer dans l’oubli. Aujourd’hui, entre 60 et 65 % de la population locale est d’origine italienne. Pour leurs enfants et petits-enfants, connaître cette histoire, c’est comprendre leurs racines ».
Portés par le Cercle Dramontois, avec le soutien de la Ville et de nombreux donateurs, plusieurs projets voient alors le jour : en 2019, un parcours historique de 21 panneaux avec QR Code est installé sur l’ancien site des carrières. « Entre juillet 2024 et 2025, ils ont été flashés 65 000 fois, ce n’est pas rien! ». Le livre Mémoires des Carriers est ensuite publié en 2021, puis la Maison des Carriers est inaugurée en 2022. Gratuite et ouverte à tous, elle rassemble objets, archives et témoignages patiemment recueillis. Elle aborde également la révolution industrielle, les avancées sociales et la géologie, offrant une approche complète et accessible de ce patrimoine qui attire près de 3 000 visiteurs chaque année.
Aux côtés de son épouse, entouré de ses deux enfants et de ses cinq petits-enfants, René Zucco mesure le chemin parcouru. Heureux de voir cette mémoire se perpétuer, il continue d'enrichir les collections et de transmettre avec passion l’histoire de ces hommes et femmes. « Là-haut, quelque part, ils doivent être fiers qu’on les honore encore aujourd’hui », conclut-il avec émotion.
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