Les violentes pluies que le Var vient de connaitre ne sont pas hélas, exceptionnelles, voici un extrait du journal l’Illustration paru en 1900 et repris en 2017 dans l'excellente série Chroniques d'un autre temps, par André Peyregne, dans Var Matin, qui relate l’effondrement d’une pile du pont d’AGAY.
En pleine saison 80 trains par jour circulaient sur ce pont.
VAR MATIN - article d'André Peyregne - 4 Juin 2017
Le titre très sobre de l'Illustration - 29 /12/ 1900
En 1900 seul le train permettait de relier Paris à Nice via Marseille ( ligne PLM ). La route touristique « La Corniche d’Or » ne sera ouverte qu’en 1903, sa construction fera l’objet d’un prochain article.
Extraits du N° 3018 du journal l’Illustration
"Les culées du pont d’Agay, affouillées par les grosses eaux d’automne, ont subi un tassement tel que le pont, après le passage du train de luxe de Nice, qui le franchit en pleine vitesse, a donné des signes indéniables de fléchissement. La circulation sur ce pont étant, en pleine saison, d’environ quatre-vingts trains par jour.
La compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a eu recours au génie militaire, qui va bientôt lancer un pont de fortune destiné à assurer la circulation pendant que les ingénieurs de la Compagnie et ceux de l’Etat feront exécuter les travaux nécessaires pour rendre l’ancien pont à la circulation."
Voici la procédure imaginée à l’époque afin de ménager la fragilité du pont :
" Les machines elles-mêmes ne traversent pas le pont. Le train arrive d’Agay, les voyageurs doivent descendre et la locomotive se gare sur une voie construite ad hoc, une seconde machine prend le train en queue et lui imprime un élan suffisant pourqu’il puisse franchir seul le pont. Au dela, une nouvelle machine se chargera de le conduire à destination."
"Cette manœuvre, toute de prudence, parait compliquée, mais en réalité est assez simple et n’a rien pour effrayer les voyageurs."
Et le jounaliste de l’Illustration ajoute :
"Pour les malades, la Compagnie a eu soin de mobiliser des fauteuils à porteur et les équipes nécessaire à leur service."
Le Pont D'Agay - Edition Maillan - collection Ph Pons
Le pont d'Agay vers 1907 - Edition LL - collection Ph. Pons
Dans la rade d'Agay, on aperçoit le Chateau d'Agay qui sera détruit par les Allemands en mai 1944 (article en préparation)
« J’ai découvert l’Ile d’Or en achetant un appartement à Cap Esterel en 1990.
En m’appuyant principalement sur les recherches réalisées par J.P Hereyres et sur le livre de Mme Bureau-Lagane, je vais essayer de vous transmettre ma passion pour ce site unique (classé parmi les 60 plus beaux sites de France) à travers des documents qui retracent les 3 vies de cette ile et de ces 3 propriétaires très atypiques :
- Léon Sergent architecte – joueur de cartes.
- Auguste Lutaud : médecin - inventeur-constructeur de la Tour , Roi autoproclamé.
- François Bureau : commandant de marine – rénovateur- conservateur du patrimoine.
Philippe Pons
1866 - Carte d'état major
1891 – photo réalisée par James Jackson. Document BNF / Gallica
Vers 1900 - carte postale édition Helmlinger – collection Ph. Pons
Vers 1905, l’Estacade., située sur l’actuelle plage du Dramont, lieu de chargement sur des voiliers des pavés de porphyre extraits des carrières situées sur l’emplacement actuel des Lacs . Document BNF / Gallica
Il construit le grand hotel de Boulouris, et de nombreuses villas à St Raphael, dont les Asphodèles, datant de 1885 réalisée pour un industriel anglais Sydney Bentall. Cette villa est devenue la mairie d’honneur de St Raphael.
1906 – L’épouse de Léon Sergent supportant mal le climat de la côte d’Azur, il vend une partie de ses biens et part s’installer dans le Jura.
Dr Lautaud - collection BUI Santé
Auguste Lutaud est le médecin de l’importante colonie Anglaise de St Raphael. Il est propriétaire de la villa les Mimosas à Valescure.
Directeur de publication de L'Argus médical (1896-1898), du Journal de médecine de Paris et de La Médecine anecdotique, historique, littéraire (1901-1904), Auguste Lutaud est aussi à l'origine de la publication du Parnasse hippocratique, recueil de poésies fantaisistes, tirées de différents auteurs plus ou moins drôlatiques, sous le pseudonyme de Docteur Minime en 1884. Source Wikipedia
Dans une soirée de la bonne société raphaeloise, au cours d’une partie de whist bien arrosée, Léon Sergent perd une forte somme d’argent et propose à Auguste Lutaud de le rembourser en lui cédant l’Ile d’Or.
février 1909 – un acte de vente est signé, le Docteur Lutaud acquiert l’ile pour 300 F / or.
septembre 1909 - le docteur Lutaud décide de faire construire une tour sur son ile. Il est âgé de 62 ans.
Permis de construire – collection JP Herreyres
En 16 mois , une tour sarrasine à base carrée surmontée d’un chemin de ronde crénelé est construite.
La pierre est extraite de l’ile par des carriers du Dramont.
Septembre 1909 - La tour à mi-hauteur, photographiée par le Dr Lutaud. - Document JP Herreyres
La tour mesure 18 mètres de haut, 8 mètres de large, les murs ont 1 mètre d’épaisseur à la base.
1910, le 19 septembre le Dr Lutaud organise une grande fête pour l’inauguration de la tour.
Le Dr Lutaud se proclame « Roi de l’Ile d’Or » sous le nom d’Auguste 1er.
Dans la foulée, il frappe monnaie, timbre et papier officiel avec la création d’un hymne national.
Inscription en latin : REX Proprio Motu >> Par Ordre du Roi
et en langue Arabe : Ton salut est dans la Sincérité, ainsi que la date MCCCXXVIII :1328
1328 correspond à la date de l'inauguration de l'Ile D'or dans le calendrier musulman.
( Merci à un de nos lecteurs M. Montachff pour cette précision reçue le 30/01/2019 )
Médaille en argent de 35 mm de diamètre, poids : 21 G, frappée par L. Patriarchi.
Je n'ai pas trouvé d'informations sur le nombre de médailles mises en circulation, selon certaines sources le nom du destinataire de la pièce pouvait être gravé dans le cartouche situé au dessus de la date.
Angelo Mariani tout de blanc vêtu à genou devant la marraine. Derrière elle, le docteur Lutaud . (document site Angelo Mariani )
Ce lundi 19 septembre 1910, le « roi » Lutaud, le jour de son investiture, choisit une petite fille méritante du Dramont. Selon certains, cette jeune enfant n’est autre que la fille d’un contremaître italien, tailleur de pierres de la carrière du Dramont. Elle se nomme Amélie Borgini. Auguste Lutaud la désignera « marraine de l’île d’Or ». Après avoir reçu sa couronne et son sceptre, Auguste 1er écouta avec attention les quelques vers suivants récités par sa marraine :
Sire, acceptez sur ce plateau
Cette clef de fleurs entourées ;
Que cet hommage vous agrée,
O Roi, le premier des Lutaud !
Grand souverain de l’île d’Or.
Pour vos sujets, soyez un père.
Que votre règne soit prospère
Pendant de bien longs jours encore,
Vive le roi de l’île d’Or !
Invitation - source livre Marcel Carlini - Le temps retrouvé.
1913 la dernière fête ...
1914- Avec la Grande Guerre qui commence le Dr Lutaud retourne en Bourgogne et devient médecin à Macon dans les hopitaux militaires.
Quand il revient au Dramont, il recevait en consultation les ouvriers de la carrière.
Il meurt en 1925, sans avoir abdiqué. Une urne contenant ses cendres repose dans un rocher au pied de la Tour.
1930 – Edition Levy / Neurdein - Collection Ph Pons
1950 - Sur cette photo aérienne datant des années 50, on aperçoit en arrière-plan, les carrières du Dramont encore en exploitation, et les maisons des mineurs avec l’école. L’exploitation de la carrière prendra fin en 1959.
Voici la Côte d'Azur - FLAMMARION - 1960 - photo Cas Oothuys - Collection Ph. Pons
Et dans les années 60, avec les campeurs commencent à profiter de la vue sur l’Ile d’Or. edition MAR - collection Ph Pons
En 1962 l’ile d’Or est vendue par Léon Lutaud, fils d’Auguste au commandant François Bureau.
François Bureau officier de Marine entreprend la remise en état de la Tour, il refait les étages, installe des citernes, un groupe électrogène et fait livrer des tonnes de terre pour créer un jardin méditerranéen.
Il passe tous les étés en famille sur son ile.
Carte postale édition Aris - Collection Ph Pons datant environ de 1975
On aperçoit sur cette photo les premiers aménagement effectués par François Bureau.
Le Village des Carriers et l’école ont été démolis en 1971/72.
En Juillet 1986 est créé la ZAC du Cap Dramont qui donnera naissance à notre village de Cap Esterel.
François Bureau décède en Aout 1994après avoir effectué son tour de l’ile quotidien à la nage.
Ses cinq enfants et seize petits enfants continuent à venir passer leurs vacances sur l'île, à entretenir et restaurer la Tour.
en2012 un capteur solaire donne au site son autonomie énergétique.
Quand elle est habitée, un drapeau flotte au sommet de la tour.
vers 1910,encore une création très originale du docteur Lutaud le timbre INSULA AUREA , avec le croisant et l’étoile rappelant les origines sarrasines de la Tour.
Pas d'information sur le nombre de timbres imprimés.
Fonds Carlini - collection Médiathèque de St Raphael.
En 2013 : sortie de 5 timbres.
Le groupement Philatélique de St Raphael-Fréjus, réalise 4 timbres pour commémorer le centenaire.
La planche du Centenaire avec le tampon du 1er Jour
( Collection François Guinard )
et La Poste dans une planche sur les Iles méditerranéennes.
La légende dit qu’Hergé se serait inspiré de l’Ile d’or pour illustrer son album Tintin et l’ile Noire.
La première version en Noir et Blanc date de 1937, les 2 autres de 1943 et 1965.
On peut signaler 2 points troublants :
- à l’intérieur de la tour de l’Île Noire se trouve un gorille où on voit très bien un rocher en forme de gorille.
- une grotte enferme une fabrique de faux billet, lorsque l’on fait le tour de l’île en bateau, on repère très bien la même entrée d’une grotte marine de forme triangulaire, juste à côté d’un escalier servant il y a fort longtemps aux contrebandiers venants de la mer…
En 1990, sur la première brochure commerciale éditée par P&V pour présenter le vendre le concept de Cap Esterel l’Ile d’Or n’a pas été oubliée.
L’Ile d’Or est une source d’inspiration pour des milliers de photographes, et à titre personnel à chaque séjour à Cap je réalise des photos de ce joyau.
>> Le livre-synthèse de 130 pages sur le Dramont écrit par J-P Herreyres
>> L'Ile d'Or de Mme Laurence Bureau-Lagagne, aux éditions de l'Ile d'Or.
>> Exposition-rétrospective : Des Pavés aux Galets le Dramont se raconte
>> BNF / Gallica
>> Site Angelo Mariani
>> Marcel Carlini - Saint Raphaël - Le Temps Retrouvé - 1998
>> La Cote d'Azur - de Jean Roubier - 1949
>> L’Illustration 1932 , N° 4674
>> L'Illustration 1932 - numéro spécial
>> Voici la Côte d'Azur - Flammarion - 1960
>> la Médiathèque de Saint Raphael - fonds Carlini
« A quelques encablures du rivage se trouve l’ile d'Or, un lieu magique. C’est une île qu’il faudrait inventer si elle n’existait pas. Comme un navire qui aurait largué ses amarres, elle semble s’être détachée du Dramont pour flotter au gré des vagues. »
Marcel Carlini
– historien / grand collectionneur –
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Après la parution de l'article ,je viens d'obtenir cette photographie que je cherchais depuis longtemps.
Sur la ligne du PLM (Paris-Lyon-Marseille) les compartiments étaient décorés avec des photos N/B encadrées dans de l'aluminium. L'Ile d'Or faisait partie des illustrations.
Grand merci au service archives de la SNCF, et particulièrement à Mathieu Lapadu-Hargues,
mais la légende inscrite sur la photo : l'Ile Rousse- Corse est erronée, le nom du photographe n'est pas identifié.
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08/06/2018 - Cairn avec les galets de l'ile d'Or
Selfie et Ile d'Or depuis la crique de Boulouris - 14/06/2018
Le 3C vient de fêter ses 3 ans d’existence et voulait marquer cet anniversaire en proposant à tous une sympathique soirée musicale.
Ainsi, le 3C a invité le chansonneur Joël ALLAIN à se faire connaître de Cap Estérel. Chanter Brassens ne pouvait se faire que Chez Georges bien sûr ! Il a tout de suite mis sa salle de restaurant à disposition, ravi de voir sa salle archicomble une fin septembre.
En effet, 28 septembre complet, 29 septembre complet aussi ! Et si Georges avait ouvert son restaurant le samedi 30, la soirée s’annonçait complète aussi tant la liste d’attente était longue !
Joël Allain est bien connu des amoureux de la belle chanson française. Auteur, compositeur et interprète depuis trente ans, Joël réinterprète aussi Ferrat, Brel, Moustaki, et surtout le poète sétois puisque Joël partage le même amour de cette « ile singulière », ainsi nommée par un autre enfant du pays, Paul Valéry.
L’homme est venu avec sa guitare et, dès les premières notes, a tout de suite séduit le public par sa sympathie et sa belle voix chaude. Ses interprétations sont souvent personnelles, l’esprit très convivial de la soirée a tout de suite rappelé « l’esprit Brassens ». Le maître des lieux, l’autre Georges, avoue « avoir été sur un petit nuage deux jours durant ». Tous ont entonné ensemble les classiques, « Les amoureux des bancs publics », « Brave Margot », « Chanson pour l’auvergnat », « Les amoureux des bancs publics », et d’autres surprises, telles que « la Cane de Jeanne », version espagnole déroutante, ou « le Gorille », à la fois comique et théâtral, ne sont pas prêtes d’être oubliées. Après un bref entracte, Joël a tenu à chanter l’ami de Brassens, Moustaki, « Ma Liberté » notamment. Autre très joli moment.
Puis tous se sont amusés avec les textes de Boby Lapointe, le chanteur « sous-titré » et autre ami du grand poète à l’honneur ces deux soirs. Enfin, en dernière partie de soirée, Joël Allain a présenté ses propres compositions réunies sur son dernier cd sorti en janvier 2017 : parmi toutes, « Au cimetière marin » véritable tableau de Sète, ainsi qu’une merveilleuse chanson qui résume à elle seule l’artiste « C’est l’Amitié ».
Joël a même réservé quelques inédits à l’assemblée absolument enchantée, notamment « la télévision ». L’artiste pratique à souhait l’humour décapant, il sait être à la fois drôle et caustique ; et étant aussi généreux, la soirée s’est terminée tardivement. Chacun est reparti heureux, des notes de guitare et de jolies mélodies en tête, et en espérant bien pouvoir le retrouver en 2018. Chez Georges bien sûr, et aussi pourquoi pas, à plus grande échelle. Bien que le planning de Joël Allain soit déjà bien rempli pour la prochaine année, le 3C aimerait pouvoir le présenter à d’autres sites de la Côte d’Azur, confirmant la base de son action en œuvrant, comme il le fait depuis toujours, pour le bien vivre avec P&V.
... et un grand merci à Corinne organisatrice de ces soirées.
Le 3C œuvre pour le bien-vivre à Cap Esterel depuis sa création et pour fêter sa troisième année d'existence, vous propose de nous retrouver en chansons le vendredi 29 septembre dès 20 heures au pub "le Blue Green", dit chez Georges.
Son invité d'honneur est Joël ALLAIN, "chansonneur", auteur, compositeur, et interprète de longue date. Avec sa guitare et sa belle voix chaude, il interprète ses compositions mais aussi les grands textes de la chanson française : Ferrat, Chelon, Moustaki, Reggiani, Brel, Ferré, et surtout Georges Brassens. Il les ré interprète plus exactement, et sa très drôle et récente version du Gorille ne passe pas inaperçue ! Le 3C apprécie sa chance de pouvoir recevoir cet artiste au cœur de Cap car son planning est très chargé : après avoir sorti son dernier cd en janvier de cette année, il termine une longue tournée estivale et va enchainer en octobre avec :
Si ce rendez-vous proposé dans la bonne humeur, avec les chansons de Brassens et bien évidemment entre copains, se confirme être une totale réussite, cette soirée pourra être largement reconduite en 2018. La qualité est au rendez-vous.
Venez nombreux écouter Joël Allain chanter Brassens :
Vendredi 29 septembre, 20 H,
chez Georges, au pub de Cap Esterel "le Blue Green"
Un apéritif dinatoire est prévu ce soit-là mais sera possible en fonction du nombre d'inscrits. Pour permettre sa mise en place, réservez au plus vite votre table, d'autant que Georges ne dispose que d'une trentaine de places.
Tel. >> 04 94 82 87 57
Une seconde soirée, sera organisée en fonction des réservations reçues :
-le Jeudi 28 septembre ou le Dimanche 1 er Octobre
Voici l’histoire du sémaphore du Dramont, bâti sur la tour d’Armont, première construction de la baie d’Agay, datant de 1550.
Ce dossier a été réalisé grâce aux livres et articles des historiens Frédéric d’Agay et Jean-Pierre Herreyres et du journaliste Thomas Huet / Nice-Matin.
Philippe Pons
Le Dramont - carte postale édition ADIA - collection Philippe Pons
Le littoral français est jalonné de 59 sémaphores, chacun ayant un secteur maritime défini. La Manche et la Mer du Nord comptent 14 sémaphores, de la frontière belge à la baie du Mont St Michel. L’Atlantique 26, de la baie de St Malo à la frontière espagnole, et la Méditerranée 19, répartis de la frontière espagnole à la frontière italienne, ainsi qu’en Corse.
Source image : Google Earth
L' histoire du sémaphore remonte au moyen âge, le territoire Agatonnien (Agay) dépend de l'évêché de Fréjus.
Source site ville Agay – collection Fréderic d’Agay. Carte du XVIIeme réalisée avant la construction du château d’Agay (1636)
Frédéric d’Agay vient de m’informer que la revue Provence Historique était maintenant disponible en pdf sur internet, je vous joins un lien vers son article passionnant sur :
Ce plan est daté de 1730, il a été dessiné par Jacques Ayrouard . Source BNF / Gallica. Nagaye est le nom provencal d’Agay.
« Le nom moderne d’Agay apparaît seulement au XVIe siècle, quand sont construites les tours du Dramont et de la Baumette. Richelieu décida de procéder à une fortification plus systématique des côtes provençales et nomme gouverneur d’Agay en 1635, Jean Vincent de Roux qui jette les bases d’un château et d’un fort en étoile, sur une pointe au milieu de la rade. »
Frédéric d’Agay
Ce château sera détruit par les occupants allemands en 1944.
Au XVII eme siècle,la famille Cassini, père et fils géomètres, ont réalisés la première carte topographique du royaume de France. La carte complète sera achevée en 1744.
1860 . Carte d’état-major.
D’ Armont : en provencal signifie petit mont, petite butte.
D’ Armont deviendra Dramont.
Le développement des sémaphores date de Napoléon Ier . En 1806, l’amiral Decrès, ministre de la Marine, adopte un système de communication à signaux visuels, inspiré du télégraphe de Chappe.
L’alphabet CHAPPE
Voici conservée par la BNF / Gallica , 2 photographies d’Agay et du Sémaphore du Dramont réalisées par James Jackson (1843-1895) grand voyageur et photographe occasionnel . Jackson est un citoyen britannique naturalisé français, spécialiste de la chimie liée à la photographie. Il est considéré comme le père de la collection photographique.( 170000 tirages). Il réalisait ses photographies sur plaque de verre.
Le Sémaphore vers 1900, carte postale, édition Maillan ( Cannes)
Source Var Matin – 21 octobre 2016
Le Sémaphore , vers 1940, construit sur la base de la Tour d’Armont datant de 1550 - collection Raphael d’Agay
Le sémaphore est durement touché lors du débarquement du 15 août 1944. Devenu inexploitable, il est désarmé.
Après rénovation il est remis en activité le 1er Aout 1964.
En 1959, a quelques encablures du site initial du Dramont, au hasard d'une cueillette de champignons, Pierre Delli-Zotti remarque ce qui semble être une ancienne exploitation de porphyre.
Il entreprend donc sa propre exploitation, l'actuelle Carrière des Grands Caous. La construction de l'autoroute A8 absorbe la majeure partie de la production.
En 1998 , la société Eiffage travaux public, rachète la carrière.
La préfecture vient de lui accorder un permis d’exploitation du porphyre bleu jusqu’en 2042.
Pour aller vers les carrières, il suffit de prendre au fond du parking découvert, le chemin des Ferrières ...
... et après une petite marche de moins d'une heure, on découvre les carrières.
Témoignage d’un propriétaire de Cap Esterel sur « L’autre débarquement »
Attirés par les affiches annonçant l’exposition, mon épouse et moi avons d’abord dû la trouver car il existe plusieurs salles polyvalentes au Dramont. Celle de la mairie annexe est bien cachée entre la voie ferrée et la nationale. La salle est moderne, spacieuse et très lumineuse.
Là, nous avons vraiment apprécié l’expo très documentée avec des explications, des témoignages, des affiches, des photos, des journaux d’époque au papier jauni, (Le Canard Enchaîné, Match…) que l’on pouvait consulter comme si on était en 1944. Le point fort de l’exposition pour nous a été une vidéo très bien faite et instructive sur le débarquement au Dramont et en Provence qui faisait réaliser l’importance générale de cette opération. Nous ne savions pas qu’il avait été si déterminant pour la Libération Générale de l’Europe et ne comprenons toujours pas pourquoi on ne parle que du débarquement en Normandie.
Le contexte historique de l’époque, la préparation minutieuse de l’opération, les erreurs commises, les souvenirs des Dramontois, rien ne manquait.
Vraiment une après-midi très enrichissante !
Un tourisme d’un genre nouveau : Sur les Pas des écrivains
Une collection très originale crée par les éditions Alexandrines, propose de partir à la recherche des grandes figures littéraires d’un département.
Frédéric d’Agay, écrivain, historien, son arrière petit neveu, nous raconte la vie de Saint-Exupéry, dans Balade dans le Var
SAINT-EXUPERY DANS LE VAR
Si l’écrivain-pilote Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) est né à Lyon d’une vieille famille quercynoise, il appartenait à la Provence par sa mère : Marie de Fonscolombe était la fille du baron de la Mole. C’est donc au château de La Mole, près de Saint-Tropez, chez ses grands-parents maternels que se déroulèrent ses premières vacances varoises. Ce château médiéval a été aménagé au cours des siècles et rendu habitable au XIXe : les remparts extérieurs et les tours d’angle du midi furent rasés pour faire place à une terrasse dominant la vallée de La Mole où se dresse le platane planté par sa mère pour ses sept ans en 1882. Un parc est planté avec des espèces rares, des rhododendrons au bord de la rivière, une bambouseraie….
Les Fonscolombe, famille parlementaire aixoise étaient ouverts à toutes les formes de l’esprit et de l’intelligence, la peinture – la mère d’Antoine peignait au pastel portraits et paysages – la musique avec de nombreux compositeurs, et la nature avec des entomologistes et botanistes… la vie quotidienne à La Mole était assez patriarcale et austère, pastorale et provençale. Antoine s’en souvient dans ses livres et sa correspondance : «Il y avait à La Mole (…) une bergerie extraordinaire, une crèche avec des moutons et des chevaux et un bœuf et des bergers et un âne et trois rois mages dix fois plus grand que les chevaux, et surtout une odeur de cire qui est pour moi l’essence de toute fête… j’avais cinq ans…[1] ».
Après la mort de son père d’une attaque sur le quai de la gare de la Foux, à Cogolin, sa mère s’installa un temps à la Mole et, pour le jour de sa fête, se souvient-elle dans son livre J’écoute chanter mon arbre[2]: « Antoine apportait un poème : Dieu t’adonné la grâce et la beauté/Et tu nous chéris quelle félicité ».
[1]Lettre à Pierre Chevrier, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 2, p. 972, Gallimard, Paris,1999.
Balade dans le Var - Editions Alexandrines - pages 70/71
De La Mole la famille se rend souvent au château de Sinopoli à l’entrée de Saint-Tropez chez l’oncle et la tante Hubert de Fonscolombe. Puis à la mort de son grand père en 1910, sa grand-mère se fixe à St Raphaël dans la villa Marie-Madeleine. Lieu de villégiature très à la mode, Saint-Raphaël faisait concurrence à Cannes et c’est là désormais qu’Antoine se rend pour les réunions de famille.
Il a pour compagnon de jeu un jeune voisin Pierre d’Agay, qui a le même âge que lui et c’est très naturellement que ce dernier tombe amoureux de la petite sœur d’Antoine, Gabrielle dite « Didi » qu’il épouse en 1923. Il fixe son ménage dans le château familial d’Agay, bâti sur un fort à la Vauban, au milieu de la rade dont il assurait la défense.
Le Château D’Agay – carte postale édition LL – collection Ph. Pons
Et c’est donc à Agay qu’Antoine séjournera continuellement jusqu’à sa mort. Très lié a sa sœur Didi il en trace le portrait dans Courrier sud : « Vous étiez si bien abritée dans cette maison et, autour d’elle, par cette robe vivante de la terre. Vous aviez conclu tant de pactes avec les tilleuls, avec les chênes, avec les troupeaux que nous vous nommions leur princesse [1]». Il aime l’ambiance de cette maison qui lui rappelle son enfance et l’animation de ses quatre neveux qui l’appellent l’oncle « papou » et viennent le réveiller en fanfare le matin. Il leur raconte des histoires et les fascine avec la prise de rasoir électrique de sa puissante torpédo américaine. Souvent il appelle Didi d’Agay au téléphone et lui dit : « prépare moi un aïoli ou une bouillabaisse … j’arrive ce soir ou demain… » et la fête dure plusieurs jours. Le 12 avril1932 il se marie dans la chapelle d’Agay avec une jeune veuve sud-américaine, Consuélo Suncin. L’abbé Sudour, directeur de l’Ecole Bossuet de Paris, qui lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 4 avril, célèbre le mariage et un déjeuner familial se tint dans le vieux château d’Agay.
[1]Courrier Sud, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 1, p. 53, Gallimard, Paris,1994.
Editions FOLIO
Ses séjours se poursuivent pour se reposer de ses raids et de ses accidents d’avion comme celui du Maroc de 1927 ou du Guatemala en 1938, ou pour écrire des passages de Terre des Hommes ou de Citadelle. Pilote d’essai de la nouvelle compagnie Air France, il connaît un grave accident en baie de Saint-Raphaël le 21 décembre 1933 sur un prototype d’hydravion torpilleur, le Laté 293. Il manque de se noyer et sa carrière de pilote d’essai s’arrête. Il trouve chez sa sœur à Agay le repos, la poursuite des traditions familiales et de la lignée qu’il n’a pas pu assurer. Il écrira pendant la guerre« Je me bats pour la paix d’Agay ».
Enveloppe éditée pour le 50 eme anniversaire de la disparition de St Exupéry - collection Ph. Pons
Après la déclaration de Guerre contre l’Allemagne en 1939 il s’engage dans le groupe de reconnaissance aérienne 2/33 alors qu’on veut l’empêcher de participer au service armé pour le maintenir à l’Information : «En Provence, quand une forêt brûle, tous ceux qui ne sont pas de salauds prennent un seau et une pioche… [1]». Il passe les fêtes du premier Noël de guerre à Agay avec sa mère venue de Cabris, où elle habite désormais, et chante les Noëls provençaux traditionnels de Saboly à la messe de Minuit dans la chapelle d’Agay ou sa sœur tient l’harmonium et dirige la chorale.
La drôle de guerre terminée, il revient à Agay en mai 1940 avec son amie Nelly de Voguë et ses amis La Falaise, installés à l’hôtel de la Baumette, et qui tentent en vain de le persuader de partir pour Londres avec eux. Il décide de se rendre aux Etats-Unis et vient embrasser une dernière fois sa mère et les d’Agay avant de partir pour Lisbonne d’où il s’embarque pour New York en décembre 1940.
[1]Lettre à Pierre Chevrier, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 2, p. 935, Gallimard, Paris, 1999.
Carte postale phare de la Beaumette – édition RM – collection Ph. Pons
Il écrit Pilote de Guerre,Lettre à un otage et le Petit Prince qui consacrera son succès international. En 1943 il repart en Afrique du Nord rejoindre son escadrille 2/33 et reprendre du service comme « doyen des pilotes de guerre du monde » Lors d’une mission au-dessus des côtes française il s’aperçoit que le château d’Agay a été détruit par l’armée allemande en mai 1944 et il écrit alors à sa mère « Ca m’a blessé au cœur que Didi ait perdu sa maison. Ah, Maman, que je voudrais pouvoir l’aider ! Mais qu’elle compte sur moi pour l’avenir. Quand sera-t-il possible de dire qu’on les aime à ceux que l’on aime ? [1]». Cette lettre datée de Borgo de fin juillet 1944 sera la dernière : « Saint-Ex » sera abattu par un chasseur allemand au cours d’une mission aérienne le 31 juillet 1944 devant Marseille et la lettre ne parviendra à sa mère et sa sœur qu’un an plus tard…
[1] Lettre à sa mère, in Bibliothèque de La Pléiade, Oeuvres complètes , vol. 2, p. 851, Gallimard, Paris, 1999.
Aussi est-ce tout naturellement que la première plaque posée pour rendre hommage à Saint-Exupéry mort pour la France, après la guerre l’ait été sur le phare de la Baumette à Agay. Une fontaine dédiée au Petit Prince a été élevée dans le quartier de la Bastide. A Saint-Raphaël, le lycée porte son nom et à La Mole un s’élève sur une nouvelle place.
Frédéric d’Agay
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« Je tiens à exprimer mes remerciements :
- à Madame Marie-Noelle Craissati, créatrice des Editions Alexandrines
- et à Frédéric d’Agay,
pour nous avoir autorisés à utiliser ce texte dans le blog du "3C", Collectif des Copropriétaires de Cap Esterel.
Philippe Pons
Lors de votre prochain séjour à Cap Esterel,
vous trouverez au syndicat d’initiative d’Agay,
outre un excellent accueil,
>>> 2 dépliants pour découvrir l’Esterel et le littoral,
et faciliter vos ballades à pied ou en VTT
>>>> et un plan d'Agay et des environs.
Rappel : tous les Jeudi matin ne pas rater le marché d'Agay.