L’agence Estérel Côte d’Azur vient d'élaborer cette première édition d’un guide 100% dédié aux itinéraires de randonnées, VTT, vélo et trails dans la destination Estérel Côte d’Azur.
« Sentiers d’ici » vous présente 50 itinéraires touristiques du territoire.
Dans ce guide qui compte 108 pages, vous trouverez 50 circuits :
• 30 circuits de randonnées
• 10 circuits de VTT
• 6 circuits vélo
• 4 circuits trail
Pour chaque itinéraire figure :
Une carte avec tracé du parcours représenté, les détails techniques (dénivelé, niveau, durée, etc.), le descriptif du parcours ainsi que des photos.
3 exemples de circuits de randonnées pédestres.
2 exemples de circuits VTT
Exemple de circuit Vélo
Sommaire des
randonnées
Ce guide est en vente pour 2,50 €, au supermarché de Cap Esterel.
Nous félicitons Aurore Laroche, et sa très dynamique équipe de l'Agence Esterel Côte Azur, pour l'élaboration de ce dossier de randonnées.
Avant la construction de l’hôtel de Roches Rouges, on aperçoit à droite le Grand Hôtel d’Agay, vers 1900.
Le docteur Emile AUBY fait construire en 1906 sur les plans de l’architecte Cannois Henri STOECKLIN, par l’entrepreneur Cannois J.Giacobi.
Cet architecte de renom a signé, avec son père, de très nombreuses créations à Cannes entre 1895 et 1914.
Ils utilisent le bois, la brique, la pierre, les enduits et la céramique dans une architecture éclectique originale où le soin apporté à chaque détail, à la composition, au choix et à la mise en œuvre des matériaux témoigne de leur talent.
En 1900 ils conçoivent les plans de l'hôtel Gallia, la surélévation du casino des Fleurs construit par L. Hourlier en 1888 et les aménagements intérieurs Art Nouveau des halls et salons de cet ouvrage monumental.
Les plans publiés en 1912, dans la Monographie des Bâtiments moderne de Raguenet – N° 243, nous permettent de connaitre l’état initial.
Le permis de construire de cet hôtel à été reçu avec retard à la Mairie de St Raphael en 1907,à la fin des travaux :
Et le maire se fâche :
Source archives municipales St Raphael
Sur les registres du recensement de 1906 : 28 maisons Plage d’Agay, le Grenouillet, le Trayas pour 140 habitants
Pour l’ensemble de la commune de St Raphael : 704 maisons pour 4768 habitants
Une des premières publicités de l’hôtel ouvert en 1908, dans un rastel encore vierge, avec ce slogan : La Perle de l’Esterel
Publicité : Echo de l’ESTEREL et des MAURES - 1912
extrait Guide POL- 1913
Ce logo indique que cet hôtel possédait à minima une chambre noire permettant aux photographes de charger et décharger les plaques de verre utilisée à cette époque et peut être un petit laboratoire de développement et de tirage d'épreuves par contact.
Le journal de St Raphael publiait régulièrement la liste des "Etrangers" séjournant dans les Hotels. (1912) La clientèle d'un âge moyen de 60 ans, est composée de familles aristocratiques qui seront peu à peu remplacées par la grande bourgeoisie.
Les trains reliant Marseille à Nice s’arrêtaient en gare d’Agay pour faire le plein d’eau douce des réservoirs des chaudières à vapeur. L’eau était puisée dans la rivière Agay via une pompe appartenant au PLM . (article en préparation)
Durant cet arrêt les clients de l’hôtel pouvaient descendre.
Le premier portail en bois de l’hôtel
Ce portail est ensuite remplacé par un portail en pierre, vers 1917
Cette photo réalisée depuis l’entrée de l’hôtel par un ami de JF Denes, propriétaire place des Pêcheurs correspond exactement à la carte postale du photographe Bandieri de St Raphael (vers 1917)
La source - vers 1919
Cette source est maintenant tarie. Selon un témoignage de Louis Polvérini, elle a alimenté en eau les entreprises de maçonnerie qui ont construit de nombreuses villas dans le Rastel après la guerre.
Aujourd'hui, elle ne fait plus partie du domaine des Roches Rouges.
1920, le nouveau pont d’Agay, sur la droite le bâtiment de trois étages, la gendarmerie qui sera détruite comme le pont par les bombardements de 1943.
Album PLM 1923
1927 – petit livre du Touring Club de France - Le massif de l’Esterel – Georges Seure , on aperçoit à gauche la gare, au centre l’hôtel des Roches Rouges, et le phare de la Baumette.
Vers 1935, il est construit un petit pavillon à l’entrée de l’hôtel.
Christian Charlet se souvient qu’il habitait ce pavillon avec son père Victor, grand résistant du maquis de l’Esterel. Son père était chargé de la surveillance des pompes qui puisaient de l’eau à partir du puit situé à l’entrée de l’hôtel, l’eau était ensuite envoyée dans une cuve de stockage située au-dessus de l’hôtel, puis par gravité l’eau potable alimentait les chambres.
A droite de l’hôtel la Villa TRODOS. Le docteur AUBY y installa son cabinet de consultation, après la guerre elle sera louée par une anglaise Miss Maud Wodhouse. L’oncle de Louis Polvérini, Dante Bianchi y sera jardinier jusqu’en 1940.
" L’Hôtel des ROCHES ROUGES est encore le séjour de prédilection de tous ceux qui, fatigués de la vie mondaine ou des affaires viennent chercher sous la caresse de Phoebus. La détente que procure une vie saine dans le calme d’une nature toujours jeune et toujours épanouie, et qui au cours des mois d’été désirent agrémenter leur séjour de la distraction des bains de mer et des jeux de plage."
+Publicité datant de 1937
Quelques villas commencent à se construire autour dans le Rastel.
En 1931 et 1932, l’écrivain Albert Cohen qui vient d’épouser à Genève Marianne Goss, séjourne à l’hôtel des Roches Rouges, il y écrit un de ses plus célèbre roman : Belle du Seigneur, quelques scènes se déroulent à Agay et Valescure.
Le propriétaire de l’Hôtel, le docteur Auby, est conseiller municipal à la Mairie de St Raphael et il est le premier Pdt du Syndicat d’Initiative d’Agay. François Giraud d'Agay se souvient de sa grande barbe, il était le médecin de la famille d'Agay.
En 1931, une plainte est déposée contre M. Auby et le maire M. Verstraëte,
Le maire de st Raphael Maurice Verstraëte démissionne en 1933.
Collection Frédéric d’Agay
Le 12 avril 1932, Antoine de St Exupéry et Consuélo Suncin après s’être marié à l’église d’Agay, reçoivent leurs invités au restaurant de l’Hôtel.
François d’Agay âgé alors de 6 ans (à droite sur la photo), m’a confirmé qu’il avait assisté à ce repas, il en garde un souvenir d’un repas de famille assez ennuyeux pour un enfant de son âge.
Dans la même période en 1932, de docteur Auby déclare avoir inventé un traitement contre la coqueluche.
Le docteur Auby, conseiller municipal à la Mairie de St Raphaël, propose d’aménager les berges et l’embouchure de la rivière Agay afin de limiter les risques d’inondations. Son projet ne sera pas suivi, et après les crues de 2011,2015 et 2019, la municipalité de St Raphael vient d’entreprendre d’importants travaux pour protéger les habitations et restaurer les berges.
A partir de 1933, les effets de la crise économique commencent à se faire sentir. En 1936, la création des 2 semaines de congés payés par an va déclenché le gout des vacances à la mer dans les classes moyennes.
Pendant la seconde guerre, l’hôtel des Roches Rouges est occupé, puis il devient une maison de repos pour militaires .
En novembre 1943, vers 10 heures du soir 5 ou 6 avions anglais bombardent Agay, on suppose qu’ils visaient le viaduc d’Anthéor, on dénombre 15 victimes parmi les habitants d’Agay, dont des d’anciens militaires anamites qui travaillaient aux cuisines de l’hôtel, et qui se trouvaient dans un des bars de la plage.
L’église, la poste, la gendarmerie, les écoles, le pont routier, et des villas sont détruites.
Lors d’une rénovation de la toiture, les longs pans pointus très élégants, disparaissent.
Nouveau look, après rénovation
L’hôtel est racheté par IGESA, le service social des Armées.
1954
1988 - photo Marc Ghislain
La réalisation de ce dossier m’a pris près de 2 ans, entre la recherche et l’achat des documents présentés, et la recherche de témoignages.
Je tiens à remercier pour leur aide précieuse :
Bruno Borja, M. Gasser, François et Louis Polvérini, Frédéric d’Agay et François d’Agay,
Mme Parrat, aux archives de St Raphael et Mme Miraglio à la Médiathèque,
et je regrette la non participation du « responsable de la communication » de l’IGESA
Je viens de rencontrer Thierry Lacombe, un très jeune dentiste retraité, passionné par la photographie, il vient de publier à compte d’auteur, un livre-album, grand format 24x30cm, 160 pages, avec une sélection d’environ 200 photos prises sur une durée de 3 années.
Dans une très sobre mise en page, grande photo - courte légende, il nous dévoile sous de très belles lumières la géologie, la flore, la faune de cette « Autre Cote d’Azur » qui ressemble à l’Ouest américain.
Ce livre est remarquablement imprimé en France, chez Escoubiac, l’imprimeur de référence pour de nombreux pros de l’image.
Je vous propose une sélection de quelques pages, je me suis permis de recadrer la page sur le visuel et la légende, pour une meilleure lisibilité sur notre blog.
Si comme moi, vous aimez ce livre, vous pouvez le commander directement à Thierry Lacombe ,via ce lien, il habite à St Raphael-Valescure, et dédicacera son livre le samedi 5 juin de 10-12h, librairie Charlemagne à Fréjus-centre, autre date à venir librairie Parisienne de St Raph.
Etant confiné en région parisienne, j'ai demandé à mon ami Alain Escaudemaison ancien chef opérateur habitant Cogolin, d'aller ce matin promener son regard dans le jardin botanique de Sainte Maxime. Dans ce magnifique parc, Cedric Pollet, photographe- botaniste propose une superbe exposition photographique sur les écorces.
Philippe Pons ( grand merci à Yves Plancq qui m'a fait découvrir Cédric)
" Après un an de quasi disette, subissant de manière presque totalitaire des réglementations complètement folles de fermetures des lieux culturels alors que les métros et grandes surfaces sont bondés, j’ai ce curieux sentiment d’être un privilégié, presque hors-la-loi, qui peut enfin exprimer son regard et transmettre sa passion pour les arbres !
Le monde est devenu fou et il serait temps de vite retourner à l’essentiel : se mobiliser pour se reconnecter à la Nature, au vivant, aux autres… avec ce lien social qui nous unit et dont on a tous besoin.
Le Var n’est pas encore confiné et les parcs sont encore ouverts au public… il faut savoir apprécier à sa juste valeur cette générosité et ce petit bonus de liberté, mais pour combien de temps encore ?? Donc vous qui êtes curieux, qui aimez la culture, les expositions, l’évasion, la nature, les arbres, les voyages… Vous qui aimez tout simplement la vie et souhaitez retrouver ce parfum d’antan le temps d’une escapade vivifiante, alors cette exposition est faite pour vous, ne tardez pas pour venir la visiter ! Elle ne durera qu'un petit mois.
Plus d’une centaine de photos d’arbres pour un dépaysement garanti !
Quoi de plus bel écrin qu’un jardin botanique au bord de mer, face au golfe de Saint-Tropez, pour venir s’évader sur les 5 continents, se reconnecter à la Nature et profiter de la générosité des arbres pour s’émerveiller devant la richesse et la beauté de leurs magnifiques écorces !
Voilà un voyage hors du temps, nourricier et enrichissant que la ville de Sainte Maxime vous propose pour lancer sa programmation culturelle 2021.
Cette exposition grands formats présentera en plein air une 30aine de panneaux photos 120x180cm, accompagnés de leurs textes explicatifs. En levant les yeux vers la canopée des arbres, vous pourrez également admirer une 20aine de photos 90x180cm parfaitement intégrées au jardin.
Pour les plus curieux ou les plus voyageurs, l’exposition se poursuit en intérieur, à la médiathèque municipale Jehanne Arnaud de Sainte Maxime."
Cédric Pollet
INFOS PRATIQUES :
EXPOSITIONS du 26 mars au 25 avril 2021
2 lieux d’expo à Sainte Maxime (83) :
– Jardin Botanique des Myrtes, Bd. jean Moulin (en front de mer)
Ouvert tous les jours de 8h à 17h
– Médiathèque Jehanne Arnaud, Carré Léon Gaumont, 107 route du Plan de la Tour
Ouverte le mardi et vendredi de 12h à 17h30, le mercredi et samedi de 9h à 17h30
Entrées libres et parking sur place pour les 2 lieux
Si vous n'avez pas la possibilité de vous rendre à Ste Maxime,
En ce printemps 2021, je vais vous raconter en images, la petite histoire des 3 grands Hôtels d’Agay.
Le premier article raconte celle du Grand Hôtel construit vers 1881, suivra l’hôtel des Roches Rouges datant de 1906, et pour finir le Grand Hôtel de la Baumette construit en 1928.
Je suis preneur de témoignages ou de photos de descendants de personnes ayant travaillés ou séjournés dans ces établissements. Par avance, merci.
Philippe Pons.
France ALBUM n°48 - Guide album des chemins de fer du Sud - LE PAYS DU SOLEIL -
Illustration de A.Karl d’après une photo de H. Ferrari/ St Raphael
Construit vers 1881, c’est le premier hôtel d’Agay référencé dans les guides.
Il est situé à l’entrée de la rade, avant le pont routier, au bord de la route qui sera construite par le Touring Club et deviendra la Corniche d’Or.
L’entrée de l’Hôtel, sur la droite l'épicerie Mellano, une des plus anciennes familles d'Agay.
Vers 1905, la route est faite, on aperçoit quelques cabines de bains, et sans doute une cabane pour permettre aux pêcheurs de stocker les filets.
Dans les recensements de St Raphael on trouve en 1896 et en 1901, Joseph DREVET hôtelier.
Extrait du Guide JOANNE sur la Côte d’Azur de 1907
Le Guide POL (ancêtre des Guides Bleus) de 1913, indique que l’hôtel est ouvert toute l’année, avec un tarif de la pension supérieur l’hiver, ce qui est courant au début du siècle car toutes les villes de la Cote d’Azur sont connues comme stations hivernales.
L’appareil photo indique que cet hôtel possède une « chambre noire », petite pièce sans lumière qui permet aux photographes amateurs de charger et de décharger les châssis en bois qui contiennent les plaques de verre qui sont les « pellicules « de cette époque.
La spécialité de bouillabaisse se retrouve à l’hôtel SUBE au Trayas.
En 1906, l’hôtel est racheté par Joseph Mathieu
Sur cette photo prise depuis la gare vers 1900, un chemin mène directement à l’hôtel, on aperçoit sur la gauche les bâtiments des douanes, vous remarquerez que le Rastel est totalement vierge de construction, l’hôtel des Roches Rouges sera construit en 1906.
Le rocher de la Rate Penate
1912 - Extrait du journal L’Echo de l’Esterel
A droite, en premier plan, l’ancienne chapelle Notre Dame du Sacré Cœur, construite en 1878, elle sera détruite lors du bombardement du 11/11/1943, et reconstruite au même endroit à partir de 1949.
Antoine de Saint Exupéry épousa Consuelo Suncin dans cette chapelle le 12 avril 1932, mariage célébré par l’abbé Sudour.
A côté du Grand Hôtel, la réserve d’Agay. (tea-room, restaurant)
Vers 1930, l’hôtel est racheté par M. Barqui, qui renomme sa propriété La Barquisière.
extrait du Bottin 1948
L’immeuble est endommagé par les bombardements des alliés datant de 1943 et 1944,
la toiture très abimée est restaurée par l’entreprise de Louis Polvérini en 1945.
En 1946, la société Immobilière du Littoral, propriétaire de l'immeuble est dissoute, le bâtiment est divisé et vendu en 6 appartements.
Années 60.
Le pont routier construit en 1948 et l'ex Grand Hôtel, le village de Cap Esterel n’est pas encore construit, on aperçoit des monticules de pierres suite à l'extraction du porphyre.
Photo Google Earth - Le Vieil Agay et Cap Esterel
2020 - "Le Manoir", depuis la route nationale
Vue depuis la descente vers le port
Un grand merci, à Jean-Marie Pietrzac, mon voisin dans le Val d'Oise, propriétaire au Manoir via son épouse depuis 1947, qui m'a communiqué cette série de photo qu'il a réalisé depuis son appartement.
En cette période hivernale les lumières sont très différentes de celles que nous connaissons en été.
Photographier c’est écrire avec la lumière.
Merci à Patrick Colombet qui depuis le Hameau de Cap Esterel nous fait partager le lever de soleil de ce matin sur le Dramont. (photos prises entre 7h30 et 7h40)
Il faut se rappeler que jusqu’en 1936 et les congés payés , les villes de la Côte d’Azur : Nice, Cannes, St Raphael, Valescure, Agay étaient des stations hivernales surtout fréquentées par de riches Anglais et leurs domestiques.
extrait du Guide JOANNE - 1909
Guide JOANNE - 1907 - collection Ph. Pons
Le dernier recensement en ligne des archives du Var, indique qu’ en 1931 , à Agay il y a 73 maisons et 540 habitants, et 83 maisons et 720 habitants au Dramont.
Je vous propose de découvrir un livre passionnant publié en 2019, rédigé par Alain Dubreuil, dont la vedette est le viaduc d’Anthéor.
L’histoire de ce viaduc courbe construit en 1862, de 173 m. de long, de 30 m. de haut est passionnante.
Vous découvrirez sans doute comme moi dans ce livre son intérêt stratégique dans la communication ferroviaire entre l’Italie et la France.
Bien abrité par l’Esterel, il résista à 11 bombardements différents s’échelonnant du 17/09/1943 au 15/08/1944, ou il fut endommagé, mais pas détruit.
Les bombardements d’avions Anglais et Américains causèrent de nombreux dégâts collatéraux sur Agay, notamment celui du 11/11/1943 qui détruisit le quartier de la Plage et l’église, fit de plusieurs victimes, je vous en parlerai dans de prochains articles.
Alain Dubreuil met en lumière le débarquement amphibie des 15-16 aout 1944 sur la plage d’Anthéor, du 141 régiment d’infanterie US, qui neutralisa de nombreuses positions allemandes dans l’Esterel et à l’est d’Agay, faisant 1200 prisonniers.
Ce livre de 145 pages, très riche en documents, photos et illustrations est en vente dans à la librairie Parisienne de St Raphael et dans les points presse d’Agay et Boulouris, mais également sur le site de l’association «Anthéor Hier et Aujourd’hui»
Monsieur Masquelier, maire de st Raphael a confié à Alain Dubreuil la direction du projet «Saint-Raphaël ville de mémoire»
Après l’histoire de l’Ile d’Or et des ses propriétaires, l’histoire des mineurs de porphyre du Dramont, la construction de Corniche d’Or,
Je vous propose de découvrir "Gaspard de Besse", le fameux Robin des Bois provençal ayant réellement existé au XVIIIe siècle, s'attaquant au produit de l'impôt pour le redistribuer aux miséreux et aux gueux, en cette période de disette qui va précéder la révolution.
Comme vous le lirez à partir de faits réels, sa légende va se construire et ce Gaspard devenu un héros va inspirer de très nombreux auteurs.
Philippe Pons
Gaspard Bouis dit « Gaspard de Besse » est né en 1757,
à Besse-sur-Issole, dans l’actuel département du Var.
Son père un paysan, décède un an après sa naissance.
Il est élevé par le curé, et à 17 ans rejoint Toulon.
Il devint le chef d’une troupe de brigands composée d’évadés du bagne de Toulon.
Bd BEHEN – Tome 1 – Gaspard de Besse – La Légende
Sa spécialité l’arrestation des diligences pour rançonner les voyageurs, mais sans violence, il n’a jamais tué.
Bd BEHEN – Tome 1 – Gaspard de Besse – La Légende
Sa troupe sévit et se cache dans les Maures, les bois de Cuges, de Saint Quinis, les gorges d’Ollioules et l’Esterel . carte Source Google
La grotte d'Ollioules est des repaires de Gaspard
Dans le Bulletin des Amis du Vieux Toulon de 1960, le commandant DAVIN, propose une étude sur la Grotte des MASCO ( masco signifie sorcières en provençal ) et la grotte du GAROU également dite de Gaspard de Besse
La grotte du Garou est sous la flèche, près d'Ollioules - Photo Maitre LAYET – 1935
Mont Vinaigre, tour de gué incendie et antenne TV
Extrait La Côte d’Azur – Docteur DONNADIEU -ed Berger Levrault
Dans l’Esterel , il installe son quartier général à l’Auberge des Adrets.
Saint Raphael journal du 14/07/1931
La légende dit qu’il a caché un trésor dans les bois de Cuges, à Agay, une autre légende affirme que le trésor est enterré dans l’Esterel au pied d’un chêne d’où l’on peut voir 7 communes, joli histoire que m’a raconté Louis Polvérini, et qui me plait bien.
Arrêté une première fois en 1779 dans l’Estérel, il s’évade de la prison de Draguignan.
Il est repris en 1780 après dénonciation dans l’auberge de la Valette sur Var.
Lettre de Jean Paul Hyacinthe de Pastel au Ministre de la marine 25/10/1780 – extrait livre Jacques Seillé
Il est jugé à Aix en Provence, un procès interminable dure près d’un an, il est condamné pour « vol sur le grand chemin », puis exécuté avec 2 de ses lieutenants à Aix le 25 octobre 1781.
Il fut l’avant dernier supplicié à mourir par la roue.
Source Réunion des Musées Nationaux
Il avait 24 ans…
Sa devise :
« EFFRAYEZ MAIS NE TUEZ JAMAIS »
Dès 1781 année de sa mort, circule une complainte anonyme en provençal, qui le présente sous un jour sympathique, depuis son arrestation jusqu’à son exécution.
Gaspard de Besse est le bandit provençal qui continue a inspirer le plus d’œuvres :
poèmes, feuilletons, romans, drames, film, BD,
C’est le premier article que j’ai retrouvé, datant du 10 mars par Michel Masson publié dans la gazette Le Cabinet de Lecture / Le Voleur et le Cercle Réunis,
Dans ce récit de sa légende, Gaspard de Besse est trahi par sa sœur Marie Marthe, dans la réalité, sa demi-sœur se nommait Marie Anne, née en 1773 d’un second mariage, 16 ans après Gaspard.
Michel Masson évoque un fabuleux trésor caché : 30 millions d'argent et de bijoux , qui reste introuvé à ce jour malgré les recherches qui continuent. C'est début de la rumeur sur le trésor.
le journal hebdomadaire LE MONDE ILLUSTRE , lui consacre un article, de Léon GOZLAN sous le titre : l’avant dernier roué
C’est une version très différente Gaspard n’est plus un paysan, mais : « Il appartenait à une famille aisée de la bonne bourgeoisie »
Dès cette époque 1860, l’auteur signale que sa mémoire continue à être honorée dans de nombreux villages, et cela perdure encore en 2020.
Fréderic Mistral, né en 1830, est le plus grand poète occitan. Prix Nobel de littérature en 2004, pour le poème Mireille qu’il met 8 ans à écrire. Dans le chant IX de son poème CALENDAU, il évoque Gaspard de Besse
Le journal quotidien le Petit Marseillais publie un feuilleton quotidien de Pierre BOSC :
« Gaspard de Besse, ses exploits, ses aventures »
Premier article le 10/08/1869
et le dernier le 11/09/1869
Puis du 28/12/1869 au 13/05/1870
un second feuilleton « Le Batard de Gaspard de Besse » , par A. Dominique
Drame en cinq actes de Théodore Henry :
Les Treize femmes de Gaspard de Besse
une version en roman de 809 pages, par Paul Bosc et Théodore Henry
Stephen d'ARVE , dans Miettes de l'Histoire de la Provence, consacre quelques pages à Gaspard de Besse et sa bande dans son chapitre XII, Patients et Bourreaux.
Jean Jaurès dans un discours devant la Chambre des Députés :
« Ne croyez pas que l’esprit de Mandrin, Cartouche ou Gaspard soit seulement un exercice littéraire, cela s »’appelle, Messieurs, la résistance spontanée à l’injustice sociale. »
Jean Jaurès sera assassiné le 31 juillet 1914.
Dans un chapitre : EN MARGE de L’HISTOIRE, Charles Roux consacre 19 pages aux histoires de Mandrin qui fut condamné au supplice de la roue à Valence en 1755 et à celle du brigand le plus séduisant dont notre Midi puisse être fier celle de l’inimitable Gaspard de Besse.
Il puise dans l’article de Léon Gozlan paru dans le Monde Illustré en 1860 :
Puis cite la lettre écrite par Mme de Malherbe à sa cousine Mme Aubenas le lendemain de l’exécution de Gaspard
Le bulletin de la Société Scientifique et Archéologique de Draguignan Adrien OURSOU publie :
« La Jeunesse de Gaspard de Besse »
Adrien Oursou est journaliste, secrétaire à la Mairie de Besse. Il s’est livré a des minutieuses investigations sur le héros local ( source Paul Maurel 1961)
Adrien OURSOU , via un extrait de baptême datant de 1774, prouve que Gaspard de Besse ne savait : ni LIRE ni ECRIRE
Et cette même année 1912
Publie une comédie en 4 actes et en vers : Gaspard de Besse, il s’est inspiré du roman de Pierre Bosc : les Treize femmes de Gaspard de Besse. Cette version de la vie de Gaspard est critiquée par Paul Maurel en 1960 dans une conférence sur la Vie Véridique de Gaspard:
En 1919 - Jean Aicard publie 2 romans.
Jean AICARD (1848-1921), est un varois, poète, romancier, auteur dramatique, chantre de la Provence.
En 1874, il devient Président de la Société des gens de Lettres et en 1909 il entre a l’Académie Française au fauteuil de François Coppée,
Son roman le plus célèbre « Maurin des Maures » date de 1908.
Une adaptation au cinéma de Jean Hugon du roman de Jean Aicard , avec Raimu, Antonin Berval et Nicole Vattier
Jean Hugon fera également l’adaptation de Maurin des Maures (1932), et L’Illustre Maurin (1933)
Synopsis – source site Première
Le meurtre gratuit de son père et la misère du peuple, aggravée par une succession de mauvaises récoltes, conduisent Gaspard, grand admirateur de Mandrin et forgeron de son état, à se révolter. Avec son compagnon Samplan, il se retrouve à la tête d'une poignée de soldats mécontents de leur sort et d'une bande de brigands. Ils volent l'argent des riches pour le donner aux pauvres, tels des bandits de grand chemin, redresseurs de torts au grand coeur. A leurs yeux, les choses ne peuvent continuer ainsi, dans ce pays qui semble livré à la décadence de la noblesse et aux caprices d'un roi indolent. Gaspard et sa troupe se chargent de le faire savoir...
la version DVD
Gaston Beltrame publie 2 livres :
On l’appelait … Gaspard de Besse en 1979, et Gaspard de Besse et autres Brigands en 1985 , éditions APAR Ollioules
Je n’ai pas pu retrouver ces livres.
Gaston Beltrame est instituteur qui enseigna à Ollioules, chanteur-poète, écrivain, critique littéraire. il sera en 1980 un premiers militants écologiste.
Il enregistre des disques en Occitan.
Gaston Beltrame, a traduit du Provençal La complainte de Gaspard
"Allons! Allons, les voyageurs!
Montez! Montez dans la voiture!"
Les enfants rêvaient d'aventure Rien qu'à l'appel du conducteur.
On grimpait sur l'impériale
Pour ne rien perdre du décor.
Le cocher à voix de stentor
Imposait silence aux cigales.
Puis, on pénétrait dans les Gorges
Où Vulcain possédait ses forges,
Où Gaspard jouait au brigand.
Dans les nuages de poussière,
Les yeux brûlés par la lumière,
On s'inventait des poursuivants.
Poème extrait du livre : Et ils comptèrent Ollioules
Dans ce livre Gaston Beltrame a réalisé une compilation des textes écrits sur Ollioules et ses environs au fil des siècles.
La Revue des Amis du Vieux Toulon, Paul Maurel publie :
La Vie Véridique de Gaspard de Besse
Paul Maurel, (1883-1975) est né à Gonfaron/ Var. Il est instituteur à Toulon, membre du parti socialiste SFIO il est maire de Solliés durant 14 ans, il vouait un culte à Jean Aicard.
Paul Maurel dans sa conférence passe en revue les différentes variantes des histoires de la vie de Gaspard, en s’appuyant sur de nombreux documents. C’est à mon avis l’étude la plus complète et la plus pertinente, ce bulletin étant quasi introuvable, si vous souhaitez une copie pdf de cet article , merci d’en faire la demande via le lien de contact de ce blog.
Un article de JP Gherardi paru dans Nice Matin le 17/07/1983
Né à Cadolive, près de Marseille Jacques Bens a travaillé pour l’édition, le théâtre et la radio. Il a publié des romans et des poèmes, son Gaspard de Besse (386 pages) est un héros plein de flemme et de couleurs.
mémoire d’Albert GIRAUD publié dans Provence Historique :
Roman de Nicole Ciravegna, éditions Jeanne Laffitte.
Après son roman « Les Trois jours du Cavalier » qui a reçu en 1980 le prix des maisons de la Presse, et dont le héros était le fils supposé de Gaspard de Besse, Nicole Ciravegna met en scène Gaspard de Besse après s’être documenté auprès de Gaston Beltrame l’historien d’Ollioules.
Dans ce livre qui raconte l’histoire du village de Besse, Jacques Seillé raconte en une dizaine de pages la vie de Gaspard de Besse.
Roman de Ginette Blanchard, éditions Lacour
Roman de Jean Siccardi, éditions du Rocher
Letras d’Oc, réédite en provençal de la complainte de Gaspard de Besso.
V’aqui Gas¬pard qu’existo plus,
Avié fach trem¬bla la Prou¬venço.
Senso secour senso defenso,
Mueré des¬sus un echa¬faou,
Que cha¬cun retourné à l’hous¬tau,
Per racounta à sei famillo
Sie¬ché gar¬çoun, & sie¬ché fillo
Tout ce que lou matin a vis,
Et qui l’y dounné per avis,
D’estré sagi din seis joui¬nesso,
Sou¬ven lou juech & lei mes¬tresso
Menoun leis home à l’echa¬faou,
Ou tout ou men à l’espi¬taou,
Per viouré en pas, vieouré tran¬quille,
Senso deveni inu¬tillé,
Fugés mar¬rido coum¬pa¬gnié,
Es ce que ma gran me disié
Quand vou¬liou fairé de tapagi,
Sie¬gués pru¬dens, & sie¬gués sagi,
Jamai ren vous arri¬bara,
Et lou Bouen Dieou vous benira.
A la demande de la municipalité de Besse -sur-Issole, BEHEM publie en 2001 : Gaspard de Besse, cette BD rencontre un succès inespéré.
BEHEM, écrivain et illustrateur atypique, après « les Aventures de MEKALY » héros doté d’une force herculéenne, une grande saga sur Gaspard de Besse
19 tomes publiés à ce jour.
Au théatre de Collobrières , Gaspard succède à Maurin des Maures
Archive journal La Marseillaise
Depuis 2016, Gaspard a son santon, une création de Fabienne Pardi inspirée par BEHEM
A Besse sur Isole …tous les ans, depuis 1997
Et aux Adrets, un parcours pédestre et cyclotourisme
Comme vous venez sans doute de le découvrir dans cet inventaire certainement incomplet, Gaspard de Besse inspire toujours les romanciers, de nombreux villages exploitent et revendiquent ses exploits. 239 ans après son exécution il est toujours aussi difficile de choisir entre le mythe et la réalité. Sur Google son nom engendre 313 000 réponses... PhP
BNF / Gallica et Retro News: Le Petit Marseillais, Jean Aicard, Mistral
Livres / revues / cartes postales / collection Philippe Pons
Suite à la parution de cet article, une amie Anne Marie Guillot ,descendante d’une famille de maitre carrier du Dramont , me signale qu’il existe une généalogie de Gaspard de Besse.
J’ai immédiatement contacté la propriétaire de cet arbre Mme Bouteuil, une descendante éloignée de Gaspard qui m’a autorisé à publier les informations publiées sur Geneanet.
Le 22 Novembre 2020, un article d'André Peyregne dans VAR Matin
Je prépare pour 2021, l'histoire en images des 3 grands hôtels d'Agay, et je suis bien sur preneur de tout élément témoignages, photos, plans, que vous seriez disposés à partager sur ce blog.
Merci d'utiliser le mail de contact du blog.
Ph Pons
Haut de 1,65m,en porphyre rouge, le menhir d’aire Peyronne est classé monument historique depuis 1910 , il est répertorié dans la base Mérimée.
Comme le groupe des menhirs de Veyssières il a été érigé à l’époque CHALCOTHIQUE, il y a environ 4500 ans, période pré-ligure.
Il présente sur une de ces faces près de 200 cupules.
Dessin extrait du Bulletin de la Société de Préhistoire , Texte du Commandant Laflotte
Le Site de Robert Pons indique la présence d’un serpent, gravure que j’avoue ne pas avoir trouvée sur le haut du menhir.
On retrouve l'histoire de ce menhir dans le livre de Marcel CARLINI : St Raphael à travers les Ages
Sur cette photo datant de 1978, le menhir est plus incliné qu’aujourd’hui.
La suite à lire en achetant le livre de Marcel Carlini.
Extrait du livre de Michel Roudillaud
Pour aller au menhir en partant de CAP
Environ 30 mn, pour s’y rendre depuis Cap Esterel, depuis le fond du parking extérieur, prendre le chemin des Ferrières.
Le portail d'entrée des Ferrières est cassé, suivre les traits bleus
Traverser ce qui fut pour les anciens propriétaires de Cap » le Camp des Indiens », ancien repère de jeux des ados, puis prendre la direction des carrières du Grand Caou - ST Raph
Longer des ruines, puis au niveau des sapins noircis prendre le chemin à droite.
Attention, zone à éviter les jours de chasse aux sangliers ...
Ce menhir est situé en limite du domaine de Cap Esterel, sur une parcelle appartenant à la SISE - société du grouper P&V.
Dans la rubrique " NOUS" du journal Var Matin de ce Dimanche 09/08, André Peyrègne rend hommage à Abel Ballif, l'homme qui fut à la l'origine de la construction de la Corniche d'Or.
Pour mémoire notre article sur ce sujet publié en février 2019: